Crise de l’accueil, crise des Etats européens face à la mobilité internationale, durcissement des frontières externes… En introduction, les autrices et auteurs soulignent l’importance des engagements individuels et collectifs « face à la réticence des Etats à se mobiliser pour assurer un accueil digne et sûr à toutes personnes nouvellement arrivées ou circulant sur le territoire », une exceptionnelle mobilisation de citoyen es, des actions au nom de l’hospitalité.
« Parler d’hospitalité, c’est donc pointer un manque, faire une critique des politiques publiques migratoires et d’accueil « inhospitalières », et se demander comment elle serait, à l’inverse, possible ».
Les autrices et auteurs proposent trois définitions de l’hospitalité, un sens étroit et un sens social et relationnel, un retour sur les institutions d’accueil des personnes errantes, une cosmopolitique, « Dans le même temps, le principe d’hospitalité publique disparaît derrière la difficile mise en œuvre, Etat par Etat, du droit d’asile ou derrière l’échec des tentatives de création d’un véritable droit international des travailleurs et des travailleuses migrantes ». (...)
Je souligne l’intérêt de la mise en parallèle de récits d’hébergé es et d’hébergeuses/hébergeurs (arrivée, soirée, nuit, lendemain, jours suivants), éclairant « la relation d’hospitalité aujourd’hui ».
Un ouvrage du coté de la solidarité et de l’humanité partagée. (...)
Elles et ils présentent les hôtes et les hôtesses accueillantes, les profils et les parcours d’engagement, les questions juridiques de l’hébergement, les gratifications et les valorisations de soi, les effets de l’accueil chez soi, « la cohabitation déplace les frontières matérielles de l’ordinaire, le rapport à son domicile et à son espace intime », les tensions au quotidien, les horaires et problèmes liés, les prises de conscience, « Accueillir l’étranger chez soi les transforme, les questionne et les bouleverse »… (...)
Le dernier chapitre est consacré aux expériences d’hospitalité communale, à la Charte de l’Association nationale des villes et territoires accueillants, aux campements, aux quartiers d’accueil, aux squats, aux multiples mobilisations villageoises, aux figures hospitalières, à la question du commun…
En conclusion, « Une mobilisation sociale et ses limites » (...)