Ce billet risque d’en surprendre plus d’un. Et pourtant.
Je commence à être légèrement saoulé d’entendre des gens brandir le logiciel libre comme la solution à la plupart des maux de la terre, de la libération de l’Éducation Nationale à la priorité dans l’administration en passant par la protection de la vie privée, le retour de l’être aimé et la guérison du cancer.
Je suis pourtant un fervent défenseur du logiciel libre, mais je pense qu’il va aussi être temps de se mettre au goût du jour. Nous ne sommes plus en 1980 avec les problèmes d’imprimante de rms, les problématiques ont beaucoup évolué alors que le discours autour du Libre non.
Le Logiciel Libre a gagné.
Oui, le Logiciel Libre a gagné. Je pense que personne ne dira le contraire.
Certes, sa victoire ne se mesure pas à son taux de pénétration sur le marché de l’OS pour ordinateur personnel où GNU/Linux, *BSD et compagnie peinent à décoller du 1% de parts de marché. Mais aujourd’hui, on entend parler du Logiciel Libre partout. Certes souvent sous sa forme « open-source » utilisé pour mieux vendre son produit et sans réelle volonté éthique derrière, mais quand même.
Microsoft fait du libre à tour de bras. Grosses contributions au noyau Linux, ouverture de Visual Studio Code, de .Net, utilisation de GNU/Linux pour sa plate-forme Azure… Ils ont depuis quelques années changé leur fusil d’épaule et arrêté le tout privateur.
Google est bâti sur une montagne de logiciels libres et reverse beaucoup de ses programmes internes à la communauté. Son projet phare, Android, est libre depuis les débuts du projet et présent sur la très vaste majorité de nos téléphones.
Facebook a lancé les plus gros frameworks de développement web du moment (React, Flux, Flow, HHVM…), en libre.
L’usage de VLC, Firefox, LibreOffice ou autres Notepad++ et Filezilla est loin d’être anecdotique et je pense que la plupart des ordinateurs personnels d’aujourd’hui contiennent du logiciel libre utilisés par leur propriétaire.
Bref, le Libre, il y en a partout, et ça devient dorénavant difficile de faire sans.
Il reste effectivement quelques points durs qui limitent la diffusion du Libre, comme la grosse problématique de la vente forcée ou l’impossibilité d’avoir accès à des pilotes libres pour le matériel courant.
Mais on a oublié de regarder autour de nous.
Alors qu’on se battait becs et ongles sur le plan juridique pour justement faire tomber ces points handicapants, ou à diffuser nos outils et idées de 1980, le monde lui, a continué à se transformer. (...)