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Six anti-pubs jugés pour un « barbouillage » dénoncent l’inaction de la gauche
Article mis en ligne le 27 février 2013

Les « déboulonneurs » parisiens étaient jugés lundi 25 février pour la huitième fois pour un « barbouillage » alors que la loi autorise depuis peu l’installation d’écrans géants publicitaires dans les rues. Reportage.

(...) « Nous avons connu des procès autrement plus épineux ». Sans contradicteurs ni montée de tension particulière, la 12e chambre correctionnelle du tribunal de Paris jugeait, lundi 25 février, 6 déboulonneurs pour « dégradation en réunion ».

Devant un parterre silencieux de militants, les 6 prévenus ont repris une à une les raisons qui ont motivé leur geste de « désobéissance civile ». Une après-midi de février 2009, ils ont tagué trois panneaux publicitaires parisiens devant une dizaine de journalistes et 40 policiers.

« La publicité est une agression qui dure parce que les citoyens restent passifs », lance Yvan, qui comptabilise 7 procès en 6 ans pour des faits similaires et avoue y avoir pris goût. Devant les tribunaux, explique-t-il à la barre, « nous pouvons au moins nous exprimer ».
Des écrans publicitaires géants bientôt dans les rues

En toile de fond, le débat politique n’a pas évolué et la publicité continue de gagner du terrain sur l’espace public, malgré le changement de pouvoir. (...)

les déboulonneurs revendiquent un « retour à un format humain » des publicités dans les rues, soit 50 cm par 70 cm. « Nous ne sommes pas contre l’information commerciale, elle est parfaitement utile, explique Arthur, déjà condamné à 200 euros d’amende dans une affaire similaire. À la radio ou à la télévision, nous pouvons nous soustraire aux messages, ce n’est pas le cas dans les rues. Nous sommes pour qu’ils restent sur le côté pour que les gens intéressés aillent les voir. »

Face à l’avancée larvée des publicitaires, qui adoptent la stratégie du « fait accompli », les déboulonneurs avouent leur impuissance. « Nous sommes 50 lors de nos actions rituelles de barbouillage, regrette Yvan. La défense du paysage et de la vie intérieure n’intéresse personne. »

Il leur reste donc les actions de barbouillage, souvent bien médiatisées, et les nombreux procès – 8 à Paris et 19 sur le plan national - qu’ils utilisent comme autant de tribunes. (...)