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UN MINI CENTRE DE RÉTENTION DANS LA COUR DU COMMISSARIAT DE SAINT-DIZIER
Article mis en ligne le 22 décembre 2017

Pour Noël, les policiers du commissariat de Saint-Dizier (52) risquent bien d’être gâtés. En 2018, la préfecture devrait leur construire une cabane toute neuve, installée dans la cour intérieure de l’hôtel de police. Celle-ci ne sera pas utilisée comme remise ou débarras. Mais elle logera des sans-papiers la veille de leur expulsion. Dans le jargon, on appelle ça un lieu de rétention administrative (LRA).

La préfecture de Haute-Marne a elle-même supervisé son installation. Son but ? Éviter aux fonctionnaires de police des transferts incessants aux 4 coins de la France. « Ce local est une alternative au centre de rétention », explique un policier du coin :
« Les migrants y resteraient une nuit avant d’être expulsés. »
SURCHAUFFE
Car en ce moment, les fonctionnaires charbonnent. « On fait presque une reconduite [terme administratif qui signifie l’expulsion] tous les deux jours », explique un policier. La faute à un centre d’hébergement d’urgence installée depuis quelques mois à deux pas du commissariat. En grande majorité, il loge des déboutés de l’asile ou des dublinés, soit des personnes qui ont déposé l’asile dans un autre pays de l’Union européenne vers lequel ils vont être renvoyés. A cours de recours administratifs, leur expulsion n’est en général qu’une question de temps.

Avant d’être expulsés, les sans-pap passent le plus souvent par la case centre de rétention. Et c’est là où le bât blesse. « Le centre de rétention de Metz [le plus proche de Saint-Dizier], est toujours plein », grogne un fonctionnaire de police sous couvert d’anonymat :
« La semaine dernière, les collègues sont allés déposer un sans-papier jusqu’au CRA de Rennes. »
Plus de 1.000 kms aller-retour.

MINI-CENTRE DE RÉTENTION
C’est alors que la préfecture a sorti de son chapeau une solution miracle : créer un mini-centre de rétention sur place pour éviter les transferts intempestifs. (...)

La solution n’a pas l’air de ravir les policiers du coin. Pire, elle semble faire l’unanimité contre elle. « C’est ingérable pour un commissariat », s’emporte Christophe Moussoux du syndicat UNSA Police :
« En rétention, la personne a le droit d’avoir des visites, de voir son avocat… C’est compliqué à gérer quand même, non ? »
Pour l’homme, impossible de mettre ce projet en œuvre sans obtenir des renforts. Cyril Baudesson, délégué pour Alternative Police, partage le même avis :
« On demande 15 renforts pour assurer la continuité du service public. » (...)