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À Lille, un anti-sommet de l’IA contre une technologie “imposée”- 13 juin à Lille
#IA #traductions #technologies #numerique
Article mis en ligne le 10 juin 2026
dernière modification le 3 juin 2026

Alors que la Région Hauts-de-France organise, du 12 au 19 juin 2026, son Grand Sommet et Festival « IA avec nous », un collectif de traductrices et traducteurs prépare la riposte. Le samedi 13 juin, à Lille, En Chair et en Os organise un « anti-sommet de l’IA », pensé comme un espace critique face à une technologie jugée imposée « à marche forcée ».

Ce n’est pas la première fois qu’un contre-événement se constitue face aux grands rendez-vous institutionnels de l’IA. En février 2025, un Contre-sommet de l’IA avait déjà été organisé au Théâtre de la Concorde, à Paris, en marge du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle tenu au Grand Palais. (...)

L’événement de juin est cette fois organisé en réaction directe au Grand Sommet « IA avec nous », porté par la Région Hauts-de-France. Celui-ci doit se tenir le 12 juin à Lille, avant un festival régional déployé jusqu’au 19 juin. Les organisateurs présentent ce rendez-vous comme « le second temps fort français de l’IA, 18 mois après Paris », avec l’ambition de « décider ensemble de l’IA que nous voulons ». (...)

Une critique venue des métiers de la traduction

Le collectif En Chair et en Os inverse la formule : « l’IA ne se fera pas avec nous ». Les organisateurs contestent l’idée d’une intelligence artificielle « utile et responsable », expression employée par le sommet régional, et y voient au contraire une contradiction. À leurs yeux, le fonctionnement des systèmes d’IA repose sur l’extraction massive de données, de minerais et sur l’exploitation humaine.

En Chair et en Os réunit des traductrices et traducteurs mobilisés pour une traduction humaine. Créé en 2023, il rassemble des professionnels de l’édition et de l’audiovisuel opposés à la généralisation de traductions produites ou prétraitées par intelligence artificielle.

Depuis 2025, le collectif recueille aussi des témoignages de traducteurs et traductrices sur les effets de l’IA générative dans leur vie professionnelle. Sur son site, En Chair et en Os évoque une « imposition de l’IA générative » dans les métiers de la traduction et publie une série de textes consacrés à la dépossession, au mépris et aux moyens d’agir. (...)

Le collectif affirme s’opposer à l’intelligence artificielle dans ses métiers, mais aussi porter un regard critique plus général sur une technologie désormais présente dans le travail, la santé, la culture, l’éducation, la politique, la science ou les services publics. Il pointe des effets sur l’emploi, la santé mentale, l’apprentissage, l’environnement, ainsi que sur la surveillance et les usages militaires. (...)

Une journée contre l’intelligence artificielle (...)

Les Hauts-de-France, territoire stratégique de l’IA

La mobilisation prend place dans une région devenue stratégique pour les infrastructures numériques. Le Grand Sommet « IA avec nous » s’inscrit dans une politique régionale qui veut faire des Hauts-de-France un territoire majeur de l’intelligence artificielle et des data centers. Les organisateurs du sommet annoncent environ 100 initiatives labellisées pendant la semaine de festival.

Cette orientation s’appuie notamment sur des projets d’infrastructures lourdes. (...)

À terme, l’installation nécessiterait une puissance électrique d’un gigawatt, soit plus que la production d’un réacteur de la centrale nucléaire de Gravelines.

Une réponse au discours de l’innovation

Le sommet régional promet de réunir des « leaders qui font l’IA » afin d’« accélérer ses usages » et de construire un modèle « utile et responsable ». Pour En Chair et en Os, cette accélération répond surtout aux besoins de ceux qui tirent profit de ces technologies. (...)

L’anti-sommet entend donc déplacer la discussion. Il ne s’agit pas seulement de demander comment encadrer l’IA, mais de questionner son utilité, ses coûts humains, écologiques et sociaux, ainsi que les métiers et savoirs qu’elle transforme déjà. (...)