Ils n’avaient peut-être pas rêvé plus beau cadeau d’anniversaire. Fondé officiellement le 8 juillet 2024 à l’issue des élections européennes, le groupe des Patriotes pour l’Europe (PfE), présidé par l’eurodéputé du Rassemblement national Jordan Bardella, s’est vu offrir, un an plus tard à la surprise générale le poste stratégique de rapporteur sur la loi climat 2040, censée garantir l’objectif de 90% de réduction des émissions de gaz à effet de serre à cet horizon. « Pompier pyromane », « loup dans la bergerie », « balle dans le pied » : les métaphores ont presque fini par manquer pour dénoncer l’invraisemblable scénario qui s’est joué à Strasbourg le 8 juillet dernier. « On a tout simplement confié l’un des textes climatiques les plus importants de l’Union européenne pour les années à venir aux mains des fossoyeurs de l’écologie », résume l’eurodéputée écologiste Marie Toussaint.
Jordan Bardella lui-même n’en a pas fait mystère : il s’est dit « résolument opposé » à cet objectif des 90% en 2040. Dans un communiqué de presse, le RN et ses alliés européens affichent clairement leurs intentions : « une véritable refonte de la politique climatique de l’Union » par rapport à sa trajectoire actuelle, « dictée par une idéologie qui méprise les réalités économiques, les intérêts nationaux et la voix des peuples ». (...)
Quelques jours auparavant, c’était le groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR), emmené par le parti post-fasciste Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, qui avait obtenu un autre rapport sur l’immigration. Ces coups de force n’ont été rendus possibles que par l’assentiment du Parti populaire européen (PPE), la toute première force politique de l’hémicycle, dirigé par l’allemand Manfred Weber. Et si ce dernier continue à nier officiellement tout pacte avec l’extrême droite, les faits sont têtus (...)
Une année de « backlash » anti-écologie
Cet épisode ne fait que parachever une première année de mandature européenne placée sous le signe d’un véritable backlash écologique et climatique. (...)
Dans les prochains mois, d’autres textes importants, tels que l’interdiction des voitures thermiques en 2035, la règlementation sur les produits toxiques ou bien encore le Pacte pour une industrie propre pourraient faire les frais de l’alliance de fait entre droite et extrême droite au Parlement.