Parmi les habitants de ce campement proche de la porte des Poissonniers, de nombreuses personnes travaillent et sont en attente de logement.
Des militants associatifs de Médecins du Monde et d’Utopia 56, des riverains aussi, sont là pour s’assurer que celle-ci se déroule sans violence. « La Ville de Paris s’est opposée à cette évacuation en l’absence de solutions d’hébergement pérennes », explique la députée Danielle Simonnet, présente sur les lieux avec d’autres élus de l’Après, écologistes ou LFI.
L’avant-veille, des policiers sont passés sur le campement annoncer une expulsion dans les prochains jours. Une fois l’information confirmée par la préfecture aux différentes associations qui interviennent habituellement sur le campement, le bouche à oreille a fonctionné et de nombreux habitants du campement ainsi que d’un autre situé sous un pont cent mètres plus loin ont déjà quitté les lieux. (...)
Des travailleurs privés de logement
Plus de deux cents personnes vivaient dans les quelques tentes du début peu à peu rejointes par des cabanes de tôles s’étalant sur plusieurs centaines de mètres. Ahmad est l’une d’entre elles. Assis avec quelques amis sur des chaises devant la porte de sa cahute de tôle, il a fait ses bagages.
Cet ancien chauffeur de taxi soudanais est réfugié politique. Il travaille pour une entreprise sous-traitante d’un grand hôtel parisien et malgré plusieurs demandes de logement social, il vit ici depuis plus de deux ans. « Je suis venu parce que je ne trouvais rien. Je n’ai pas choisi d’être ici, c’est ici qui m’a choisi », s’exclame-t-il dénonçant la saleté et l’insécurité du lieu. (...)
Plusieurs bus doivent rejoindre des SAS, dispositifs temporaires d’hébergement. Seules quelques dizaines d’exilés acceptent de partir pour Rouen et Marseille. (...)
« Les personnes qui sont sur ce campement vivent en France depuis un moment, beaucoup travaillent, ils ne leur manquent plus que le logement » (...)
Certaines vivaient déjà dans deux grands squats de Vitry-sur-Seine ou l’Île-Saint-Denis, évacués avant les Jeux Olympiques. « Ils vont de campements en campements, c’est un cycle infernal » (...)