C’est une décision historique dans le procès pour homicides involontaires du crash du vol Rio-Paris. Ce jeudi 21 mai 2026, la cour d’appel de Paris a reconnu la compagnie Air France et l’avionneur Airbus coupables de l’accident aérien qui a entraîné la mort de 228 passagers et membres d’équipage en 2009. Airbus se pourvoit en cassation.
(...) Le tribunal les a déclarés "seuls et entièrement responsables" de l’accident le plus meurtrier de l’aviation française.
Revirement du ministère public
Après avoir demandé et obtenu la relaxe de la compagnie aérienne et du constructeur lors du premier procès, le ministère public avait opéré un revirement au terme des deux mois du procès en appel à l’automne et requis leur condamnation pour l’accident le plus meurtrier de l’histoire des compagnies françaises, qui a fait 228 morts. (...)
Une condamnation qui est essentiellement symbolique. En tant que personnes morales, Airbus et Air France ne sont condamnés qu’à une peine d’amende de 225 000 euros. Mais une condamnation importante pour les familles des victimes. (...)
En première instance comme en appel, Airbus et Air France se sont farouchement défendus de toute responsabilité pénale. Pointant des mauvais choix faits par les pilotes dans l’urgence, le représentant d’Airbus a estimé à la barre que "les facteurs humains ont été pré-déterminants" dans l’accident. (...)
L’accusation reproche à Airbus "la sous-estimation de la gravité des défaillances des sondes Pitot équipant l’avion" ainsi qu’"un défaut d’information des équipages des sociétés exploitantes, qui a empêché les pilotes de réagir comme il le fallait et créé la situation conduisant à l’accident".
Concernant Air France, elle pointe "un défaut de formation relatif à la procédure à suivre en cas de gel des sondes Pitot et des dysfonctionnements en résultant" et "un défaut d’information des équipages sur la détection du gel" de ces sondes "qui s’imposait pour assurer la sécurité des opérations aériennes".
À l’issue du procès en première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé en 2023 sur le plan pénal Airbus et Air France, tout en reconnaissant leur responsabilité civile. Il avait considéré que si des "imprudences" et "négligences" avaient été commises, "aucun lien de causalité certain" n’avait "pu être démontré" avec ce crash.
Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’était abîmé en pleine nuit dans l’Atlantique, quelques heures après son décollage, entraînant la mort de ses 216 passagers et 12 membres d’équipage dont 72 Français.
Quelques minutes après la décision de la cour d’appel de Paris., Airbus annonce se pourvoir en cassation (...)
crédit image : Marinha do Brasil, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons