Une coalition d’organisations et de structures, réunies autour du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, a porté devant le Conseil d’État la situation des artistes et scientifiques gazaouis lauréats du programme PAUSE. Mis en œuvre par le Collège de France, le dispositif se heurte à l’absence d’opérations d’évacuation du territoire, mais la juridiction administrative a rejeté la requête en référé.
Mis en place à partir de 2017 par le Collège de France, avec le soutien des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de l’Intérieur, de l’Europe et des Affaires étrangères, et de la Culture, le programme PAUSE [pour Programme français d’Accueil en Urgence des Scientifiques et des artistes en Exil] soutient des artistes, chercheurs et chercheuses du monde entier en favorisant leur accueil dans des établissements d’enseignement supérieur ou des institutions culturelles, généralement dans le cadre d’une résidence.
Depuis sa création, ce dispositif a pris en charge les dossiers de 681 personnes en exil, en provenance de 44 pays, dont l’Ukraine, l’Afghanistan, la Russie, le Soudan, la Syrie, la Palestine, l’Iran ou le Congo, comme le rappelait notre article publié en janvier dernier. (...)
Mais, depuis la fin d’année 2024, les bénéficiaires du programme PAUSE se heurtent à des difficultés financières et logistiques. D’une part, l’enveloppe accordée par l’État ne couvre plus les besoins du dispositif et, d’autre part, les évacuations du territoire de Gaza sont suspendues, ne permettant plus aux lauréats et lauréates, ainsi qu’à leurs proches, de rejoindre la France.
En janvier 2026, plusieurs organisations, dont des maisons d’édition, qui travaillent avec le programme PAUSE dénonçaient la suspension de l’instruction des dossiers des bénéficiaires palestiniens. (...)
Pas d’évacuation possible
La problématique la plus évidente du programme PAUSE restait la difficile évacuation des lauréats et lauréates du programme. Le ministère des Affaires étrangères pointait ainsi des « conditions particulièrement complexes qui retardent considérablement la sortie des Palestiniens de Gaza ». Rien d’étonnant en temps de guerre, malheureusement, mais les défenseurs de PAUSE soulignaient que « d’autres pays, comme l’Espagne, l’Italie ou le Royaume-Uni ont réussi à [...] réaliser [des évacuations] ».
Réunies derrière le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, plusieurs organisations ont porté le cas du programme PAUSE devant le Conseil d’État, dans une procédure de « référé-suspension ». (...)
Parmi les parties demanderesses, la Ligue des droits de l’Homme, le Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s, l’Union juive française pour la paix, l’association Zone Franche, les maisons d’édition Les Lisières et Le Port a jauni, ou encore l’association pour la promotion de la traduction littéraire à Arles. (...)