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La "Gamechanging Team", l’équipe de réfugiés devenus stars du foot pour la Coupe du monde 2026
#Football #migrants
Article mis en ligne le 2 juillet 2026
dernière modification le 30 juin 2026

Alphonso Davies, Eduardo Camavinga, Antonio Rudiger… Au total, 11 joueurs aux parcours de vie marqués par l’exil ont accepté de figurer dans une équipe symbolique en marge de la Coupe du monde 2026, la "Gamechanging Team". Créée par le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés, cette équipe qui ne jouera pas de match a pour but de promouvoir le vivre-ensemble et de donner de l’espoir aux jeunes exilés.

Et s’il y avait une équipe supplémentaire aux 48 délégations présentes à la Coupe du monde 2026 ? Petit quizz : celle-ci ne joue pas la compétition qui se tient actuellement aux États-Unis, Mexique et Canada. Pourquoi ? Parce que certains de ses joueurs concourent déjà avec leurs équipes nationales comme Eduardo Camavinga pour la France ou Antonio Rudiger pour l’Allemagne.

Cette équipe, c’est la "Gamechanging Team", créée par le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

"C’est spécial de mener des joueurs dont l’enfance a été marquée par la guerre et le déplacement"

Leur but : sensibiliser le public au sort des réfugiés à travers le monde. Les 11 joueurs de cette équipe insolite - dont le parcours de vie a été un jour lié à l’exil migratoire - profitent du coup de projecteur offert par la Coupe du monde 2026 pour partager "leurs témoignages, leurs histoires et inviter le public à faire preuve d’empathie vis-à-vis des réfugiés", explique Sarah Epstein, chargée de communication au HCR, contactée par InfoMigrants. (...)

Par exemple, leur capitaine Alphonso Davies est né dans un camp de réfugiés au Ghana, de parents libériens ayant fui la guerre civile. Lui et sa famille ont été réinstallés au Canada à ses cinq ans via l’ONU. En mars 2021, il est devenu le premier footballeur à être nommé Ambassadeur de bonne volonté mondial par le HCR. (...)

"Récupérer des affaires de foot pour les réfugiés de Kakuma" au Kenya (...)

L’équipe des JO est représentée sur une œuvre d’art de l’artiste et activiste canadienne Carling Jackson, affichée actuellement au siège des Nations inies de New York jusqu’en juillet 2026. Elle participe également à une vidéo dans laquelle les athlètes partagent leurs parcours.

"Ils prônent aussi un message d’espoir : la sécurité, de la compréhension et la possibilité d’accomplir leurs rêves pour les enfants présents dans des camps de réfugiés", continue Sarah Epstein du HCR. (...)

Un traitement des étrangers pourtant sujet à polémique dans cette Coupe du monde

Reste que ce message de fraternité porté par le HCR est terni par la politique migratoire menée par le gouvernement de Donald Trump. Et notamment le traitement réservé à certains joueurs et supporters étrangers arrivant sur le territoire américain, en particulier ceux venant du continent africain. (...)

Ainsi, la presse internationale a dénoncé le traitement subi par les joueurs eux-mêmes, comme en témoignent les photos des contrôles douaniers à l’arrivée de l’équipe sénégalaise sur le tarmac des aéroports, ou encore le cas du capitaine irakien Ayman Hussein confronté à un contrôle de 7 heures à son arrivée aux États-Unis.

Début juin, le Haut-Commissionnaire des Nations unies aux droits de l’Homme Volker Türk, a élevé la voix : "J’espère vraiment qu’il y aura une remise en question en profondeur de la manière dont l’application des politiques migratoires affecte les droits humains et la dignité humaine, et que, notamment dans le cadre de la Coupe du monde, on repense les politiques qui semblent prévaloir actuellement, en particulier aux États-Unis".