L’agence régionale de santé a annoncé à l’association la suppression de 160 000 euros de subventions, estimant que les actions de l’organisation ne sont pas « probantes ». La structure a appelé la ministre de la santé à revenir sur cette décision.
« Humiliant », « hors sol », « douche froide », « violent » : elles sont environ une dizaine, assises autour d’une table basse, dans l’entrée de leur local, lundi 22 juin. Celui de l’antenne girondine du Planning familial, mouvement d’associations presque septuagénaire, et nationalement reconnu pour son travail sur la santé et l’éducation sexuelle. (...)
« On a commencé à se poser des questions. Mais on n’imaginait pas que la direction de l’ARS allait nous annoncer la suppression de l’intégralité des subventions qu’elle nous versait jusque-là », s’indigne la directrice du Planning familial 33. (...)
Comment, alors, expliquer ce revirement de la part de l’ARS ? « Il y a quatre ans que l’ARS a décidé de ne plus financer que des actions de prévention probantes, c’est-à-dire qui ont fait preuve de leur efficacité, et nous avons donné quatre ans aux associations pour transformer leurs actions », déclare à l’Agence France-Presse (AFP) le directeur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, Benoît Elleboode.
Non probant, car non évalué (...)
« en termes d’éducation à la sexualité, les actions mises en place sur le terrain n’ont pas, ou très peu été évaluées d’un point de vue scientifique », souligne Philippe Martin, docteur en santé publique et chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui travaille sur les méthodes de prévention et d’éducation en santé, la santé sexuelle et le bien-être des jeunes. (...)
Il n’existe quasiment pas de programme probant de prévention en santé sexuelle. Cela signifie-t-il qu’il faut arrêter toute action de prévention autre que les interventions médicales ?(...)
« Nos accueils, déployés notamment en ruralité, ne sont apparemment pas probants. Nos animations envers les publics jeunes et adultes vulnérables ne sont pas probantes. Nos actions d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars), pour lesquelles nous sommes agréées et qui sont probantes avec le programme Prodas, sont écartées. Tout cela est extrêmement violent et choquant. »
Et de questionner, frontalement, la membre du gouvernement sur la décision de l’ARS Nouvelle-Aquitaine
Plus de 2 000 personnes accueillies en 2025 (...)
Face à un discours qu’elles jugent « technocratique », « hors sol » et guidé par des « préoccupations économiques », les membres du Planning familial préfèrent mettre en avant leurs actions (...)
Pour tenter de sauver sa peau, le Planning familial 33 a également lancé une pétition, qui approchait des 50 000 signatures lundi 22 juin au soir. Sur les réseaux sociaux, les messages de soutien affluent et une question au gouvernement devrait être posée ce mercredi par des parlementaires. Suffisant pour inverser la tendance ? Les militantes veulent y croire. Elles rappellent que déjà en 2024, le directeur général de l’ARS avait voulu supprimer 50 % de la subvention au Planning familial 33. Une large mobilisation avait permis à l’association de conserver l’intégralité de la subvention. (...)
lundi après-midi, l’ARS Nouvelle-Aquitaine avait verrouillé toute sa communication, refusant de répondre aux questions et renvoyant, lapidairement, vers « une seconde réunion » avec la préfecture. Premier signe d’une marche arrière ? Pour maintenir la pression, l’association appelle à un rassemblement devant les locaux de l’ARS, jeudi 25 juin.