« Avant, on lisait Alternatives Economiques, maintenant on fait de l’économie sérieuse au lycée », s’est félicité le professeur au Collège de France, qui a réécrit les programmes de SES. La rédaction lui répond.
Le 16 avril dernier, devant une commission d’enquête du Sénat, Philippe Aghion, professeur au Collège de France et récipiendaire du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, n’y est pas allé par quatre chemins pour dire le peu de bien qu’il pensait de notre journal et de l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES) au lycée avant qu’il ne s’en mêle, à la demande d’Emmanuel Macron.
Ce n’est pas la première fois qu’Alter Eco, les SES et tous les tenants d’une pensée non conformiste font l’objet d’attaques ad hominem de la part d’économistes bien en cour ou d’idéologues du patronat. (...)
Cette fois, nous avons choisi de ne pas laisser passer (...)
Les inégalités, ces « trucs mondains »
En face, les idéologues de l’économie dominante et les experts libéraux de toutes obédiences opposent bien trop souvent aux alternatives proposées cet argument d’autorité : « C’est pas sérieux. » Lutter contre toutes les formes d’exclusion ? Pas sérieux. Travailler moins longtemps ? Pas sérieux. Taxer les ultrariches, réguler les marchés, favoriser les énergies renouvelables ? Pas sérieux… La course à la profitabilité est affaire de grandes personnes. Fermez le ban !
La curieuse saillie de Philippe Aghion sur les inégalités, qualifiées de « trucs mondains », est à la fois révélatrice et sidérante. (...)
Depuis ses origines, face à une discipline qui s’enfermait dans le carcan de la formalisation, Alternatives Economiques a ouvert ses colonnes à la pensée non conformiste en économie, c’est-à-dire aux penseurs n’hésitant pas à croiser les regards d’autres disciplines pour analyser les phénomènes économiques. Comme le rappelait très justement Bernard Maris, l’économie est une chose trop sérieuse pour la laisser aux seuls économistes. Ce pluralisme n’est visiblement pas du goût du professeur au Collège de France, même s’il lui est arrivé d’être interviewé dans notre journal. (...)