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France Culture/podcast Les matins d’été
Le feu aux portes de Bordeaux : la France a-t-elle provoqué sa vulnérabilité ?
#incendies #France #urgenceClimatique
Article mis en ligne le 5 août 2026
dernière modification le 29 juillet 2026

98 000 hectares brûlés depuis janvier... Les flammes ont atteint ce week-end les portes de Bordeaux et 200 000 personnes ont été évacuées. Le climat amplifie le risque : que révèle cette vulnérabilité de nos choix d’aménagement et de nos politiques environnementales ? (...)

Pour en parler, Bérengère Bonte reçoit Philippe Grandcolas, écologue, directeur adjoint scientifique national pour l’écologie et l’environnement au CNRS, auteur de La biodiversité en 30 questions paru en mai à la Documentation française, et Christine Bouisset, géographe, professeure à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, spécialiste des questions environnementales, territoriales et de gestion des risques d’incendies.

Un dérèglement climatique qui aggrave tous les risques (...)

Un dérèglement climatique qui aggrave tous les risques

Le dérèglement climatique transforme profondément le risque d’incendie en France. Philippe Grandcolas rappelle que si "90% des incendies sont causés par des humains incendiaires ou pyromanes", cette réalité ne doit pas occulter le rôle du climat : "sans dérèglement climatique, il y aurait des risques de feux qui seraient infiniment moins forts". Il détaille les effets physiologiques de la canicule sur la végétation : "la colonne d’eau dans le sol, présente sur plusieurs dizaines de centimètres de profondeur, disparaît" jusqu’à créer "des phénomènes de mortalité" des plantes dont le fonctionnement n’est plus "compatible" avec les températures. Il insiste particulièrement sur l’inflammabilité des pins, capables de "se mettre à flamber de la tête au pied en un temps extraordinairement court".

Christine Bouisset pointe la responsabilité de l’établissement humain dans les incendies. Elle explique que l’urbanisation a été "extrêmement forte" entre "Bordeaux et le bassin d’Arcachon", causant une "imbrication" entre les zones habitées et les forêts. Elle rappelle, par ailleurs, que les deux tiers des incendies sont causés par "des activités du quotidien" et dresse le constat que plus les populations sont installées à proximité des forêts, plus il y a de départ de feu. (...)

Un recul des politiques climatiques depuis 20 ans (...)

Pour Christine Bouisset, l’absence de planification révèle avant tout un manque de volonté : "Les grandes solutions sont connues. La question est celle de la volonté politique, mais aussi sociale, de les mettre en œuvre." Elle constate qu’en période de catastrophe, notamment lors des incendies, des questions pourtant secondaires finissent par occulter les véritables enjeux de fond. Elle donne l’exemple des Canadair qui ne permettent pas d’agir directement sur notre rapport à l’environnement.


Crédit image : Baidax, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons