« Un État qui a franchi une limite que même les régimes les plus obscurs du XXᵉ siècle s’efforçaient de ne pas dépasser n’a pas besoin d’un nouveau « mécanisme de contrôle », mais de quelqu’un qui l’empêche de mettre en œuvre la doctrine raciale selon laquelle il agit. », écrit le quotidien israélien Haaretz.
Une centaine de détenus palestiniens morts en prison… et aucune inculpation
« L’armée israélienne a ouvert des dizaines d’enquêtes sur la mort de Gazaouis en détention, mais personne n’a été inculpé, a rapporté Haaretz. Dans la plupart des enquêtes, l’armée affirme ne pas savoir qui sont les suspects ni à quel moment les décès se sont produits. Pourtant, ces morts sont survenues dans des installations fermées, clôturées et équipées de caméras, où toutes les entrées et sorties sont enregistrées et où les personnes présentes font l’objet d’une surveillance étroite tout au long de leur séjour », écrit le quotidien israélien Haaretz. (...)
L’ouverture des dossiers ne révélerait pas seulement quelques « pommes pourries » dans « l’armée la plus morale du monde », mais tout un verger rongé par les vers. Cela vaut également pour les meurtres de Palestiniens commis par des civils, c’est-à-dire des colons. Ceux-ci viennent — comme ils l’ont fait le week-end dernier — « se promener » aux abords de villages palestiniens dans le but de semer la terreur parmi leurs habitants. Ils le font avec l’accompagnement de l’armée et à la faveur d’une entente tacite entre les colons et les hommes en uniforme. (...)
Israël a renoncé à l’apparence de légalité
« Le lexique de la brutalité » vise à présenter le vocabulaire utilisé par les Israéliens lorsqu’ils parlent de la guerre : « dommages collatéraux », « il n’y a pas de personnes non impliquées », « zone de destruction », « migration volontaire », « victoire totale », « raser Gaza », et bien d’autres.
Israël, en 2026, après près de trois années de génocide dans la bande de Gaza, a même renoncé à cette apparence de légalité. Le crime n’est plus seulement exempt de sanctions : il est célébré au grand jour.
La minorité de criminels condamnés durant la période précédente, comme Elor Azaria, n’a même plus besoin d’être graciée. Comme l’a récemment déclaré le ministre de la Défense, Israel Katz, Azaria est « un soldat exemplaire ». S’il a payé ce prix c’est parce qu’il a été filmé en train de commettre un crime, et non à cause du crime lui-même. (...)
À présent, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, se fait photographier en souriant avec fierté, tenant en main un rapport de l’ONG La Paix Maintenant (שלום עכשיו) sur les pogroms commis en Cisjordanie et l’accélération de l’annexion. L’acte d’accusation est devenu un certificat d’excellence, et le criminel un modèle à suivre.
Un enfant par jour tué à Gaza : une routine (...)
L’histoire a déjà montré comment cela se termine : la société allemande ne s’est ni ressaisie ni guérie d’elle-même ; elle n’a commencé à se reconstruire qu’après sa défaite et son occupation par des puissances étrangères, qui lui ont imposé le démantèlement du régime et de ses institutions, ainsi que la traduction en justice d’une partie de ses criminels. Ce n’est qu’alors, lentement et au prix d’un processus douloureux, qu’une société rongée par la haine des Juifs a commencé à réapprendre ce que sont le droit et la morale.
Nous n’écrivons pas cela à la légère, mais il n’y a plus d’autre manière de le dire : une intervention étrangère est nécessaire. À défaut, le nombre de corps de Palestiniens ne fera qu’augmenter. »