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« Nous ne sommes plus les écolos rigolos » : ils imaginent un projet alternatif à la carrière qui menace leur territoire
#ecosystemes #alternatives #zonesHumides
Article mis en ligne le 2 septembre 2026
dernière modification le 31 août 2026

Ces voisins d’une zone humide classée Natura 2000 ont bâti un contre-projet face à une carrière portée par le géant des mines Imerys. Le collectif pour la narse de Nouvialle, dans le Cantal, veut « reprendre en main l’économie du territoire ».

(...) Depuis trente ans, le géant des mines voit dans cette zone naturelle une nouvelle source d’approvisionnement pour ses deux usines situées dans les environs, où il exploite la diatomite. Cette roche sédimentaire aux capacités de filtrage intéressantes pour l’industrie agroalimentaire est présente en masse dans la zone humide. Or, la narse de Nouvialle joue un rôle de rempart contre les inondations, tout en constituant un réservoir de biodiversité et un espace essentiel à l’agriculture locale, qui serait défiguré si le projet minier allait à son terme.

Accompagné par des chercheurs de l’université Gustave-Eiffel, en Seine-et-Marne, le collectif a mené une vingtaine d’entretiens auprès d’élus, d’agriculteurs, d’entrepreneurs et d’habitants, afin de construire un projet explorant trois filières : l’agriculture, le tourisme et le bois.

S’appuyer sur les forces du territoire (...)

Combattre le fatalisme

Leur étude estime entre 37 et 87 le nombre d’emploi créés, contre 20 emplois en sursis dans l’agriculture et le tourisme si la carrière voit le jour. « Des terres agricoles vont être sacrifiées et certaines activités touristiques dépendent largement des paysages de la narse de Nouvialle », souligne Agnès Cibiel, consultante en redirection écologique. « Notre travail n’est pas une liste de scénarios rêvés, insiste-t-elle, et ce ne sont pas non plus des activités faciles à mettre en place. Mais c’est important d’enquêter pour sortir du refus fataliste et de reprendre en main cette question de l’économie du territoire pour les habitants. »

« C’est intelligent d’être dans la proposition, salue Barbara Blin Barrois, représentante de l’équipe d’enseignants-chercheurs de l’université Gustave-Eiffel. C’est une ouverture dont les élus et habitants peuvent se saisir maintenant. » (...)

Dans la région, le projet alternatif a reçu un bon accueil. « Chez certains élus, on a observé un basculement, comme un changement de posture depuis notre première restitution à Murat, en avril », note Géraud Prolhac, membre du collectif. « Certains nous ont remercié pour notre travail, nous n’étions plus les écolos rigolos », complète Eve Alcaide. Reste, pour les habitants, à transformer cette piste nouvelle en décision politique.