Le 26 août dernier, le navire humanitaire Louise Michel a été pris pour cible par un navire des gardes-côtes libyens alors qu’il tentait de venir en aide à une embarcation de migrants au large de la Libye. Tous les passagers ont finalement été récupérés par les Libyens et renvoyés en Libye.
C’est une scène devenue presque courante en Méditerranée centrale. Mercredi 26 août, le navire humanitaire Louise Michel a été pris pour cible par des tirs provenant des gardes-côtes libyens. La scène a été filmée par le Seabird 3, l’avion de surveillance en Méditerranée opéré par les ONG Sea-Watch et Humanitarian Pilots Initiative (HPI).
Interrogée par InfoMigrants, Anna Giannessi, porte-parole de Sea-Watch a détaillé le déroulé de cet incident qui aurait pu virer au drame pour les humanitaires. (...)
Une violence qui s’intensifie en Méditerranée (...)
Une étroite coopération entre Frontex et les Libyens (...)
Cette coopération étroite entre Frontex et les gardes-côtes libyens ne date pas d’hier non plus. Elle avait été mise en lumière en 2024 par une enquête de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.
Dans une lettre du directeur de Frontex au Parlement européen, divulguée par Der Spiegel, Hans Leijtens reconnaissait lui-même que l’agence européenne avait envoyé "environ 2 200 mails entre 2021 et 2023 aux centres de coordination de sauvetage libyen, afin de lui transmettre la position de canots de migrants en détresse en Méditerranée". Et ce, en dépit de la violence des garde-côtes libyens envers les exilés et de la torture bien documentée qui les attend dans les centres de détention en Libye.
Pour rappel, ce soutien de Frontex aux Libyens n’est pas illégal. L’Union européenne (UE) et Tripoli sont liés par plusieurs accords stratégiques et financier en mer Méditerranée depuis de nombreuses années. Notamment l’accord conclu en 2017 entre la Libye et l’Italie sur la lutte contre l’immigration irrégulière en Méditerranée, aujourd’hui soutenu et financé par Bruxelles.