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Le Café Pédagogique
Lycéens mobilisés : ce qu’ils disent, ce qu’on leur répond
#EducationNationale #lycees #greve #manifestations #blocages #inégalités #répression
Article mis en ligne le 2 octobre 2026

Depuis plusieurs jours, les lycéennes et lycéens se mobilisent et bloquent des établissements aux quatre coins de la France. Leurs revendications sont simples : de bonnes conditions pour apprendre. Face à eux, la réponse est avant tout sécuritaire. Et si on commençait par les écouter ? Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, répond au Café pédagogique.

(...) Des revendications qui ne datent pas d’hier

Classes surchargées, absences d’enseignants non remplacées, emplois du temps épuisants, bâtiments vétustes, bouilloire ou passoire thermique, manque de personnel médico-social : la liste des dysfonctionnements est connue. Elle rejoint celle de leurs professeurs. Les élèves y ajoutent la pression du tri scolaire, celle de Parcoursup, le stress. « Le problème aujourd’hui au lycée, c’est de ne pas avoir de prof l’année du bac de français, de ne pas avoir de prof de français pendant plusieurs mois », explique Ryad Rani, le président de l’Union Syndicale Lycéenne (USL), qui y voit le bilan de deux quinquennats d’Emmanuel Macron. Un autre élève dénonce un « lycée pourri », une « cantine dégueu ». Derrière ces mots, des conditions matérielles qui découlent de choix politiques.

« Notre lutte est digne, on lutte pour notre dignité », disent-ils : la dignité du droit à un enseignement correct, équitable et juste, « ce qui n’est pas le cas aujourd’hui », insistent-ils, selon qu’on grandit dans le 7e arrondissement de Paris ou en banlieue parisienne.

La répression comme réponse

Les syndicats lycéens dénoncent une réponse policière. Ryad Rani, de l’USL, affirme : « On a soutenu les mobilisations, on condamne les violences policières. À Tours, un lycéen a été éborgné. » Il évoque « une violence qui nous a frappés d’effroi », « d’une violence inouïe, comme les gilets jaunes en 2019 ». Il pointe aussi un fait inédit : une première circulaire conjointe du ministre de l’Intérieur et du ministre de l’Éducation autorise l’intervention des forces de l’ordre aux abords des lycées. « Le ministre de l’Intérieur parle plus que le ministre de l’Éducation lui-même, il donne le mot d’ordre », estime-t-il. « Ils veulent nous faire taire. » Pour lui, « la violence est de leur côté », et il appelle pourtant les élèves à rester calmes : « Restons calmes, restons dignes comme nos revendications. »

Une carte de la colère

À Tours, un lycéen a été blessé devant le lycée Balzac. À Montrouge (Hauts-de-Seine), les élèves du lycée Maurice-Genevoix, bloqué mardi 29 septembre, dénoncent coups et violences des forces de l’ordre. Des faits comparables sont rapportés à Reims (lycée Libergier), Savigny-sur-Orge (lycée Monge), Nancy (lycée Loritz) et Aulnay-sous-Bois (lycée Voillaume). À Alençon, c’est une élève qui est étranglée. À Corbeil-Essonnes, le lycée Doisneau en est à son troisième jour de mobilisation. À Asnières, des élèves du lycée Renoir ont été déférés devant le tribunal de Nanterre après vingt-quatre heures de garde à vue.

De nombreux élus de gauche se sont déplacés devant les établissements scolaires et ont apporté leur soutien aux élèves mobilisés. (...)

Ce que les élèves demandent : être entendus et respectés

Les élèves demandent à être écoutés, entendus, à travailler dans de bonnes conditions. A cette liste, pourrait s’ajouter vouloir être pris au sérieux par tous les responsables politiques.