Un mineur non accompagné d’origine guinéenne a été retrouvé pendu dans son foyer le 18 septembre. Une enquête a été ouverte.
Abdouramane, un Guinéen de 14 ans, a été retrouvé pendu le 18 septembre, selon le parquet de Clermont-Ferrand. Le mineur non accompagné s’est suicidé dans une chambre du Ddaeomi (dispositif départemental d’accueil, d’évaluation et d’orientation des mineurs non accompagnés) où sont mis à l’abri et pris en charge les jeunes étrangers reconnus mineurs.
Selon le récit de proches recueilli par l’AFP, ce garçon arrivé dans le Puy-de-Dôme depuis la Guinée-Conakry il y a plusieurs mois était en souffrance psychique. Son profil était "compliqué, avec des troubles et un trauma liés à son exil et aux conditions de son passage en France", a déclaré Thierry Tailhandier, l’un des responsables de la CGT Santé et Action sociale du Puy-de-Dôme.
"Il voulait être scolarisé et vivait très mal de ne pas l’être"
"C’était un garçon triste, souvent seul, un peu torturé. Il traînait avec nous, on passait du temps ensemble, mais il était perdu, il ne comprenait rien à son affaire", a raconté au journal La Montagne un adolescent pris en charge par la même structure. "Il voulait être scolarisé et vivait très mal de ne pas l’être, ça le travaillait énormément, il en parlait souvent avec tristesse", a aussi confié son entourage.
Le quotidien ajoute aussi qu’Abdouramane, le jour de sa mort, "s’est entretenu avec sa famille restée en Guinée Conakry". "Au téléphone, ses proches évoquent un appel étrange lors duquel il a suggéré l’idée d’un retour dans son pays de naissance. Ils ont tenté de l’en dissuader", raconte le journal. (...)
Cette mort pose la question de la prise en charge des mineurs non accompagnés dans ce département car Abdouramane, isolé, se plaignait de ne pas être assez accompagné. Depuis 2019, le conseil départemental en charge de la protection de l’enfance dans le Puy-de-Dôme confie, par une convention à une association toulousaine l’Anras, l’accueil, l’évaluation et l’hébergement des mineurs étrangers. "Ce n’est pas un accident" et "malgré tout le dévouement des salariés de l’ASE, nous manquons de moyens pour accompagner ces enfants du bout du monde", a ajouté le syndicaliste.
En 2024, 306 mineurs non accompagnés étaient pris en charge par le département. Cette année-là, le nombre d’enfants placés avait doublé en cinq ans dans le Puy-de-Dôme.
Enquête ouverte (...)