L’administration Trump a appelé jeudi les Européens à mettre “immédiatement” ce carburant sur le marché pour contrer l’envolée des prix de l’énergie. Selon plusieurs médias, Washington fait notamment pression sur la France et l’Allemagne pour qu’elles puisent dans leurs réserves stratégiques. Les pays de l’UE doivent se réunir vendredi pour tenter d’apporter une réponse unie aux demandes américaines.
C’est une “mise en garde” de Washington qui “marque une intensification de la pression [américaine] sur l’Europe”, observe The Guardian.
L’administration Trump a exhorté jeudi 1er octobre les Européens à aider les États-Unis à faire baisser les prix du gazole en mettant “immédiatement” sur le marché plus de carburant, faute de quoi Washington pourrait interdire les exportations de gazole américain vers le continent européen.
Selon The Guardian, le gouvernement américain voudrait que des pays européens, notamment “la France et l’Allemagne”, mettent sur le marché “du gazole prélevé sur leurs réserves stratégiques”, à l’instar de ce qui a déjà été fait avec le pétrole brut.
“Nos partenaires européens devraient accélérer la mise en œuvre de leurs engagements existants et mettre immédiatement à disposition des volumes supplémentaires afin de remédier aux perturbations actuelles”, a écrit sur X le ministre américain des Finances Scott Bessent. “Les agriculteurs, les routiers et les entreprises américains ne devraient pas avoir à supporter le poids d’une pénurie mondiale de diesel.” (...)
“Pas de jeu de dupes” face à “un lion affamé”
Les pays de l’UE doivent se réunir vendredi 2 octobre pour tenter d’apporter des réponses à la flambée des prix du diesel et aux pressions de Washington. Une rencontre d’urgence est prévue en début de journée entre la Commission européenne et les pays membres de l’UE, a indiqué dans la soirée une porte-parole de la Commission.
Selon The Guardian, le Royaume-Uni a entamé dès jeudi des discussions avec certains de ses alliés européens sur la possibilité de libérer des réserves de diesel. “Des ministres britanniques se sont entretenus avec leurs homologues de la Commission européenne ainsi qu’avec ceux de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et de l’Irlande” à ce sujet, précise le quotidien.
Les cinq pays européens “sont convenus” lors d’une réunion d’urgence jeudi “de répondre ’d’une seule voix’ aux pressions croissantes des États-Unis”, ont affirmé des sources proches des discussions à Politico Europe. Selon deux de ces sources, “tous ces pays ont fait l’objet de pressions américaines, en privé, pour qu’ils puisent dans leurs réserves”. (...)
L’Europe “de plus en plus dépendante” des carburants américains (...)
“Cette dépendance aux importations américaines”, note The Times, “est accentuée par la réduction du nombre de raffineries européennes ces dernières années, en raison des coûts d’exploitation élevés et des réglementations climatiques”.