En Tunisie, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la torture, l’Organisation mondiale de lutte contre la torture et son programme Sanad en Tunisie ont sorti un rapport sur l’augmentation des morts suspectes en détention dans le pays. Le rapport met en évidence 36 cas entre 2013 et 2026 dont les familles attendent encore justice plus de dix ans après.
Les témoignages mis en évidence dans le rapport Rien ne pourra compenser la perte de mon fils, je ne veux que la justice. publié par l’OMCT font état de parcours entachés de violences pour obtenir justice pour les familles de proches décédés dans des conditions suspectes en prison. Une violence immédiate dans l’annonce de la mort, souvent en différé, parfois des jours après le décès et dans 40 % des cas, pas par un agent pénitentiaire ou le personnel hospitalier mais par une connaissance. Une violence aussi prolongée dans la mesure où les familles sont livrées à elles-mêmes dans leur parcours juridique et n’obtiennent jamais justice, comme en témoigne le rapport (...)
Un parcours judiciaire entaché de problèmes procéduraux (...)
L’ONG a mis des années pour obtenir le rapport d’autopsie complet d’un des détenus morts, afin de pouvoir le soumettre à un médecin et de le comparer avec des témoignages qui disaient que le détenu avait été tabassé et qu’il n’était pas mort par suffocation due à une pendaison, par exemple. Ensuite vient le recours juridique devant le tribunal administratif, la rédaction du jugement peut prendre jusqu’à deux ans, puis vient l’appel et les délais des procédures sont souvent « déraisonnables » selon le rapport. (...)
Des vies bouleversées par ces drames qui restent sans réparation (...)
Aujourd’hui, les seuls recours de ces familles restent de saisir le tribunal administratif et de raconter leur histoire pour que la mort de leurs proches ne tombe pas dans l’oubli. Selon les protocoles internationaux signés par la Tunisie, notamment la Convention des Nations unies de lutte contre la torture, ratifiée en 1988, le pays s’est engagé à lutter contre la torture et autres traitements inhumains ou dégradants.