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Les mots sont importants
8 mars pour toutes, lmsi, rokhaya diallo : légitime défonce !
Article mis en ligne le 23 février 2016

Quand Frédérique Calandra, maire socialiste du vingtième arrondissement, attaque en justice des féministes

L’histoire commence en 2015 par un premier coup de force de Frédérique Calandra : le refus que Rokhaya Diallo participe à une des trois rencontres-débats féministes organisées pourtant par son adjointe à l’égalité hommes-femmes, Emmanuelle Rivier – comme si cette journaliste, essayiste, réalisatrice et militante féministe incarne le diable en personne.

En arrière-fond apparaît rapidement le spectre sinon de Caroline Fourest, du moins d’un profonde voilophobie, doublée d’une tariqramadanophobie et d’allégations aussi extravagantes que phobiques associant une journaliste et militante féministe et antiraciste à... Ben Laden !

« Si un jour Mme Diallo veut débattre, pas de problème, je la défoncerai ! »

L’histoire se poursuit par une polémique publique, les intervenantes dénonçant une censure, et l’élue quittant son trône pour descendre dans la cour d’école, gonfler ses biscoteaux et déclarer publiquement à Mediapart qu’elle n’a même pas peur et que, quand elle veut, elle « défonce » Rokhaya...

La rencontre censurée trouve in extremis l’asile dans une salle qui ne dépend pas du bon vouloir de madame Calandra, le succès de la rencontre provoquant l’annulation des deux autres débats initialement programmés par Emmanuelle Rivier et de la projection, pourtant programmée par l’Hôtel de Ville, du film Je ne suis pas féministe, mais....

Suivront une joyeuse action de protestation au conseil d’arrondissement et enfin un article signé Collectif Les mots sont importants, et intitulé « Frédérique et Rokhaya sont en bateau, Rokhaya tombe à l’eau », relatant l’affaire et revenant de manière sarcastique mais argumentée sur les arguments plus que douteux invoqués pour justifier la censure... (...)

"Calandra est le nom d’une certaine conception du droit, de l’institution judiciaire et de sa fonction. Calandra est le nom de la plainte en justice comme substitut de réponse politique, de l’intimidation en lieu et place de l’argumentation. C’est une procédure épuisante et coûteuse imposée à celles et ceux qui n’en ont pas nécessairement les moyens, pas en tout cas à égalité avec une édile grassement rémunérée, gracieusement défrayée, généreusement entourée, assistée, conseillée."

Ultime épisode enfin de cet acharnement calandresque : au début de l’année 2016, c’est Rokhaya Diallo qui apprend qu’elle est poursuivie elle aussi en justice, pour le même texte « Frédérique et Rokhaya sont en bateau », qu’elle a osé... partager sur Facebook ! (...)