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A Nanterre, la fac fermée après l’occupation d’un bâtiment et sept interpellations
Article mis en ligne le 10 avril 2018

Un bâtiment occupé, une intervention des CRS et la fermeture totale de l’université : la faculté de Nanterre a connu lundi une journée particulièrement mouvementée ce lundi.

Tout a commencé vers 7 heures dans cette université emblématique de région parisienne, d’où était partie la contestation en Mai 68. Une "trentaine d’individus extérieurs à l’université ont pénétré par effraction dans un bâtiment", a raconté le président de l’établissement, Jean-François Balaudé. "On a demandé l’intervention des CRS car ce n’était pas des étudiants de l’université", a-t-il expliqué.

Alors que des sites universitaires sont touchés depuis plusieurs semaines par la contestation contre la loi modifiant l’accès à l’université, les CRS sont intervenues à la mi-journée à Nanterre pour déloger les occupants. Les jeunes se sont retranchés sur un toit et les policiers se sont ensuite repliés.

Sept interpellations
Des étudiants et enseignants ont alors décidé d’organiser une réunion dans une salle de ce bâtiment, pour discuter des suites à donner au mouvement contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) de la ministre Frédérique Vidal. Vers 15 heures, cette réunion improvisée à laquelle assistaient quelque 200 personnes a été interrompue par les CRS, qui ont pénétré une seconde fois dans les locaux et interpellé sept personnes. Un étudiant et deux policiers ont été légèrement blessés, selon la direction de Nanterre.

Sur place, où une pancarte proclamait "Nanterre occupée", l’intervention policière a choqué. "Cela fait 38 ans que je suis ici, je n’ai jamais vu les CRS intervenir comme ça", s’est indigné Jean-François Lé Val, élu du personnel au conseil d’administration. Anne-Frédérique Perol, bibliothécaire, s’est dite "complètement sidérée". Le président de Nanterre "ne nous parle pas. Il commémore Mai 68, mais quand on demande le dialogue il envoie les CRS", a lancé Zoé Vaillant, prof de géographie. (...)

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lire aussi : Nicolas Offenstadt, prof à Tolbiac : "Les étudiants des facs occupées mènent une juste lutte"

Historien engagé et maître de conférences à Tolbiac, Nicolas Offenstadt soutient ouvertement les étudiants de la fac occupée Paris-I-Panthéon-Sorbonne dans leur mobilisation contre la loi orientation et réussite des étudiants (ORE), parfois rebaptisée "loi Vidal" ou "Parcoursup" – du nom de la nouvelle plateforme d’admission post-bac.

Pour lui, l’occupation d’universités à travers le pays est loin d’être anecdotique. "Je suis profondément opposé à toute forme de sélection à l’entrée de l’université", déclare à "l’Obs" cet universitaire, qui dispensera ce mardi matin un "cours alternatif" aux élèves grévistes. Entretien. (...)

Ce mardi matin, vous allez dispenser aux étudiants grévistes un cours alternatif sur "l’exploration urbaine, nouveau terrain pour les luttes sociales ?". Pourquoi ?

D’abord parce que les étudiants des facs occupées mènent une juste lutte, parce qu’il faut encourager leurs capacités critiques et enfin parce que je pense qu’une lutte et une occupation doivent être l’occasion de réflexivité, d’interrogation sur ses actions, d’où un thème qui permette de réfléchir sur les occupations alternatives des espaces urbains contemporains, au-delà de l’immédiateté.

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