Bandeau
McInformactions.net
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
le télégramme
Affaire des « fadettes » : audience disciplinaire pour le procureur financier Patrice Amar
Article mis en ligne le 21 septembre 2022

Peu après son entrée au gouvernement en juillet 2020, le garde des Sceaux avait ordonné des poursuites administratives contre trois magistrats du Parquet national financier (PNF), dont Patrice Amar et son ancienne cheffe Eliane Houlette, pour une enquête controversée menée en marge de l’affaire des écoutes impliquant Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog.

Les investigations du PNF visaient à débusquer une éventuelle taupe ayant informé l’ex-chef de l’État que son téléphone était sur écoute et avaient conduit à éplucher les relevés téléphoniques détaillés (les « fadettes ») de ténors du barreau, dont Éric Dupond-Moretti qui avait dénoncé « des méthodes de barbouzes » et déposé plainte.

Nommé garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti avait renoncé à cette plainte mais avait diligenté en septembre 2020 des enquêtes administratives contre les trois magistrats du PNF, pourtant largement dédouanés par un rapport d’inspection. C’est notamment le déclenchement de ces procédures qui vaut au garde des Sceaux d’être menacé d’un procès devant la Cour de justice de la République (CJR). Il sera fixé sur son sort le 3 octobre.

« Probité exemplaire »

« Cette poursuite disciplinaire est une représaille d’Éric Dupond-Moretti contre Patrice Amar pour des motifs politiques. C’est ce que je plaiderai au CSM », déclare l’un des avocats du procureur financier, Me François Saint-Pierre. « Je démontrerai que cette poursuite est illégale, complètement injustifiée. Patrice Amar est un magistrat d’une probité exemplaire et d’une compétence remarquable », ajoute Me Saint-Pierre.

Bien au-delà de l’affaire des « fadettes », le CSM devrait se pencher sur les relations à couteaux tirés entre l’ancienne cheffe du parquet national financier, désormais à la retraite, et son actuel vice-procureur, dont l’inimitié s’est traduite par des plaintes en justice. (...)

Les deux principaux syndicats de magistrats, l’Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM), qui avaient porté plainte contre Éric Dupond-Moretti, s’insurgent d’un « détournement de la procédure disciplinaire ».

Derrière ces poursuites, « c’est le PNF qui est visé », estime Ludovic Friat, secrétaire général de l’USM. « Patrice Amar a eu en charge les enquêtes parmi les plus sensibles de ces dernières années. Ce n’est pas gratuit », affirme-t-il.

Ludovic Friat, qui assistera Patrice Amar à l’audience, rappelle par ailleurs que l’enquête administrative initiée par Éric Dupond-Moretti avait sans ambiguïté exonéré le procureur de tout « manquement ». (...)

Jeudi, le CSM a estimé qu’« aucun manquement disciplinaire » ne pouvait être reproché au juge Levrault, un désaveu pour le ministre.