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Au Brésil, la police ouvre le feu sur des militants du Mouvement des sans-terres
Article mis en ligne le 7 novembre 2016

Ce 4 novembre au matin, la police brésilienne a envahi un centre de formation du mouvement des travailleurs sans-terres (MST) dans l’État de São Paulo. Les policiers ont agi sans mandat judiciaire, dénonce le mouvement. Ils ont même fait usage de leurs armes, blessant au passage deux personnes présentes dans l’école [1].

Le MST est l’un des principaux mouvements sociaux brésiliens. Créé en 1984, à la fin de la dictature, il fédère des centaines de milliers de petits paysans et revendiquent notamment une véritable réforme agraire face à la concentration de terres entre les mains de gros propriétaires. Le MST a également contribué à la naissance des Forums sociaux mondiaux.

D’autres opérations contre le Mouvement des sans-terres se sont déroulés cette semaine dans deux autres États brésiliens, au Paraná et dans le Mato Grosso do Sul, deux régions agricoles du centre. Lors de ces descentes de police, une douzaine de militants de ce mouvement historiquement proche du Parti des travailleurs (PT, parti de la présidente Dilma Roussef destituée en août) ont été arrêtés, ainsi qu’un conseiller municipal du PT.

Les sans-terres poursuivis sont accusés de faire partie d’une organisation criminelle, de vol, de dégradation de bien, de port d’armes illégal, d’invasion de propriété [2]… Le MST a dénoncé une nouvelle tentative du gouvernement de le criminaliser. (...)

Pour les sans-terres, les occupations de terrains destinés à être redistribués – mais accaparés par les grands propriétaires – font partie intégrante de leurs modes d’actions, pacifiques. Mais ils sont régulièrement qualifiés de « bandits » par les médias conservateurs. Avec le retour au pouvoir de la droite, après la destitution de Dilma Roussef, les sans-terre sont dans le viseur du pouvoir, comme les autres mouvements sociaux, tels les sans-toits ou celui des lycéens lycées qui contestent la nouvelle politique d’austérité en occupant plus d’un millier de lycées (lire ici). (...)