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Le Monde
Au Brésil, une attaque « sans précédent » contre la démocratie
#Bresil #Bolsonaro #democratie #extremedroite
Article mis en ligne le 10 janvier 2023

Les partisans de l’ancien président Jair Bolsonaro ont pris d’assaut les lieux de pouvoir de la capitale brésilienne avant d’en être délogés par la police. Fragilisé en ce début de mandat, Lula promet des poursuites judiciaires contre ces « vandales fascistes ».

L’événement était annoncé depuis des semaines, voire des mois ou des années. Il n’en fut pas moins choquant et douloureux. Le dimanche 8 janvier 2023 restera à n’en pas douter comme l’un des jours les plus sombres de l’histoire du Brésil. Celui où les principales institutions démocratiques du pays ont été prises d’assaut, envahies et vandalisées par des foules de manifestants d’extrême droite. Un traumatisme, et un défi sans précédent pour la jeune république.

Tout l’après-midi, les partisans de l’ancien président Jair Bolsonaro s’en sont pris aux édifices de la place des Trois-Pouvoirs (...)

A Brasilia, le dernier carré des « soldats » de Jair Bolsonaro ne se démobilise pas, et continue à contester le résultat de l’élection du 30 octobre 2022. Entre le 7 et le 8 janvier, des dizaines de bus, convoyant plus de 4 000 personnes, convergent face au quartier général de l’armée, où campent depuis des semaines des centaines de militants d’extrême droite. Une marche de 8 kilomètres à travers la capitale est prévue pour dimanche. Objectif : la place des Trois-Pouvoirs.

Mise à sac dantesque

Vers 14 heures, le cortège s’ébranle et, une heure plus tard, une foule de drapeaux brésiliens et de maillots de la Seleçao fond d’un seul bloc sur les institutions de la capitale. Quelques minutes suffisent pour contourner une police vite dépassée. Armés de pieds de chaise, de tuyaux, de pavés et de feux d’artifice, vêtus de tongs et de maillots de foot, les « soldats » de Bolsonaro brisent les vitres des palais. La mise à sac commence. Elle sera dantesque. (...)

Lire aussi :

 (BFMTV)
Chaos, assaut contre les lieux de pouvoir... Que s’est-il passé à Brasilia ?

Le Brésil a tremblé ce dimanche, quand plusieurs centaines de manifestants pro-Bolsonaro ont envahi les lieux de pouvoir dans la capitale. Le président Lula a déploré des incidents "sans précédent dans l’histoire" du pays. (...)

Brasilia s’est retrouvée plongée dans le chaos lorsqu’une véritable marée humaine de manifestants vêtus de jaune et vert a pris d’assaut et saccagé les principaux lieux de pouvoir du pays. Les forces de l’ordre ont été complètement débordées, des images impressionnantes qui ont effectivement rappelé l’invasion du Capitole à Washington lorsd de l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021.

Sur les réseaux sociaux, ont circulé des vidéos montrant des bureaux de parlementaires saccagés ou des manifestants debout sur les sièges de l’hémicycle au Sénat.

L’un d’eux s’est assis sur le siège du président de la Chambre haute, un mimétisme saisissant avec les manifestants pro-Trump au Congrès américain il y a deux ans. Les dégâts sont considérables, dans ces bâtiments qui sont des trésors de l’architecture moderne et regorgent d’oeuvres d’art. Selon la chaîne CNN, des manifestants ont mis le feu au tapis d’un salon du Congrès, qui a dû être inondé pour éteindre l’incendie.

Des grenades assourdissantes ont été lancées par les forces de l’ordre depuis un hélicoptère sur les manifestants qui occupaient le toit du Congrès. La situation semblait maîtrisée quelques heures plus tard, même si un grand nombre de ces manifestants refusant de reconnaître l’élection de Lula demeuraient dans les alentours des lieux de pouvoir de la capitale brésilienne. (...)

Bolsonaro condamne, mais nie toute responsabilité Bolsonaro condamne, mais nie toute responsabilité (...)

Quelle réponse du gouvernement brésilien ?

En fonction depuis seulement une semaine et déjà confronté à une crise majeure, le président de gauche Lula a placé les forces de l’ordre locales sous le commandement des forces fédérales pour reprendre en main la sécurité à Brasilia où les policiers ont été totalement débordés par les assauts des bolsonaristes.

"Ils ne parviendront pas à détruire la démocratie", a lancé son ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Flavio Dino, qualifiant les invasions de "terrorisme putchiste."

Si Lula et ses ministres promettent que les manifestants violents seront jugés, le président brésilien entend travailler en profondeur pour calmer la crise (...)

 (RTBF)
Brésil : 1.200 partisans de Bolsonaro interpellés après la tentative de coup d’État au Brésil

Les forces de l’ordre ont terminé lundi l’évacuation du camp de militants pro-Bolsonaro dressé depuis des semaines devant le quartier général des forces armées à Brasilia pour contester les résultats de l’élection présidentielle, remportée par le candidat de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

Une quarantaine de bus affrétés par le gouvernement ont emmené les derniers "campeurs" au commissariat de police, après une décision judiciaire rendue la veille, ordonnant le démantèlement du camp dans les 24 heures, selon le média brésilien G1.

Après plusieurs heures de chaos, les forces de l’ordre brésiliennes ont repris le contrôle du Palais présidentiel, du Congrès et de la Cour suprême envahis dimanche par des centaines de manifestants anti-Lula, selon le ministre de la Justice et de la Sécurité Flavio Dino. (...)

Le parquet général a demandé l’ouverture immédiate d’investigations pour établir "la responsabilité des personnes impliquées" dans l’attaque des bâtiments officiels.

Le gouverneur de Brasilia, Ibaneis Rocha, a été suspendu de ses fonctions dimanche soir, une décision prononcée par la Cour Suprême, et ce pour une durée de 90 jours. (...)

Jair Bolsonaro, qui se trouve aux États-Unis, a cependant "rejeté les accusations, sans preuve" de son successeur Lula, qui a déclaré que le "discours" de son prédécesseur d’extrême droite avait "encouragé" les "vandales fascistes" ayant envahi les lieux de pouvoir de Brasilia.

Jair Bolsonaro, qui n’a jamais félicité Lula de sa victoire et a boudé son investiture, a quitté le Brésil deux jours avant la fin de son mandat et se trouve en Floride, aux Etats-Unis. (...)

Les réactions dans le monde (...)