Human Rights Watch met en cause les « enquêtes internes » que l’Arabie saoudite dit mener après chaque bombardement de cibles civiles.
Pour la seconde fois en deux semaines, jeudi 23 août, des frappes de la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite ont tué plusieurs dizaines d’enfants au Yémen, a affirmé vendredi Mark Lowcock, le sous-secrétaire de l’ONU pour les affaires humanitaires. Ces derniers bombardements ont visé quatre femmes qui tâchaient de fuir, avec 26 enfants, une zone de combats sur la côte de la mer Rouge, dans un village sympathisant de la rébellion houthiste, contre laquelle la coalition intervient depuis mars 2015. Le 9 août, 40 écoliers avaient été tués à bord d’un bus qui les emmenait en excursion dans la province de Saada, fief des rebelles dans le nord du pays.
La zone visée jeudi se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville portuaire de Hodeïda, le principal port du pays, aux mains des houthistes soutenus par l’Iran. (...)
Vendredi, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a rappelé, dans un rapport documenté, les limites de ces « enquêtes » internes menées après chaque bombardement de cibles civiles depuis 2016. Elles tendent à exonérer la coalition de ses responsabilités et à déguiser certains bombardements manifestement intentionnels en « erreurs » dues à des défaillances techniques.(...)
Les gouvernements qui vendent des armes à l’Arabie saoudite devraient reconnaître que les simulacres d’enquêtes de la coalition ne les exonèrent nullement de complicité dans des violations graves au Yémen. »(...)
Une rencontre est prévue début septembre à Genève entre les belligérants, sous l’égide de l’ONU, afin de préparer des négociations de paix, les premières depuis deux ans. Les Nations unies espèrent y faire émerger un compromis, afin que les rebelles abandonnent la gestion du port de Hodeïda. Un tel accord pourrait être le début d’une résolution du conflit, mais il paraît bien loin.