Ordre de non assistance à personnes en danger : de quoi hésiter entre "ensauvagement" et "barbarie" ! https://t.co/cvYq5c3kLA
— Henri Maler (@HMaler) September 11, 2020
Le 12 juillet, Gérald Darmanin, à peine nommé ministre de l’Intérieur, effectuait son premier déplacement officiel à Calais. Un choix en lien avec l’actualité migratoire, de retour au début de l’été avec un important démantèlement zone des Dunes, puis autour du complexe Calypso.
La maire de Calais Natacha Bouchart s’est rendue ce jeudi en fin d‘après-midi place Beauvau. Un rendez-vous qu’elle réclamait depuis plusieurs semaines, voyant la présence migratoire s’intensifier en centre-ville et autour des centres commerciaux.
(...)
Après une heure et quart d’entretien avec le ministre nordiste, la maire a obtenu plusieurs avancées. Parmi elles la rédaction d’un arrêté préfectoral qui interdit la distribution de repas sauvages par les associations. Seules resteront autorisées celles de la Vie Active, financées par l’État. (...)
Le ministre s’est engagé à ce que l’on conserve une bonne tenue du centre-ville », note Natacha Bouchart.
Gérald Darmanin a confirmé l’arrivée de trente nouveaux fonctionnaires, qui s’ajoutent à la compagnie de CRS supplémentaire arrivée cet été.
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Calais : un arrêté interdit aux associations de distribuer de la nourriture aux migrants, les humanitaires s’insurgent
L’Auberge des migrants et Utopia 56 s’insurgent d’une telle mesure qu’elles jugent "honteuse et scandaleuse".
Nouveau bras de fer entre les associations d’aide aux migrants et les autorités à Calais, dans le nord de la France. Dans un arrêté publié jeudi 10 septembre, le préfet du Pas-de-Calais, Louis le Franc, a annoncé l’interdiction de "toute distribution gratuite de boissons et denrées alimentaires [dans une vingtaine de rues, quais, places du centre-ville] pour mettre fin aux troubles à l’ordre public et limiter les risques sanitaires liés à des rassemblements non déclarés".
"Non-respect des mesures de distanciation"
Dans la mesure où l’État a mandaté une association, la Vie active, pour fournir "quatre distributions quotidiennes de repas", qu’il met à disposition des migrants 38 robinets d’eau 5 jours sur 7, dont "22 accessibles 7 jours 7" et que de l’eau est distribuée pendant les repas, la préfecture considère que "l’ensemble des prestations assurées permet d’apporter aux personnes migrantes des prestations humanitaires suffisantes au regard des besoins de cette population notamment alimentaires".
(...) Les autorités estiment notamment que les repas que distribuent des associations non mandatées par l’État sont "caractérisées par le non-respect des mesures de distanciation sociale dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, qu’elles créent des nuisances et que des déchets sont laissés sur place".
Un arrêté dont s’est félicitée la maire de Calais, Natacha Bouchart. "Le ministre de l’Intérieur m’a indiqué qu’une attention toute particulière serait dès à présent portée au centre-ville afin d’empêcher la création de points de fixation (...) et d’interdire les distributions de repas organisées de façon totalement anarchique", a-t-elle assuré dans un communiqué.
Un arrêté "scandaleux" selon les associations
Du côté des associations en revanche, on s’indigne d’une telle décision. "Cet arrêté est scandaleux", s’insurge François Guennoc, de l’Auberge des Migrants, contacté par InfoMigrants. "C’est une honte", renchérit Antoine Nehr d’Utopia 56, joint également par InfoMigrants.
"Les arguments avancés sont totalement exagérés, on ne va pas laisser passer ça ! Quand on laisse des gens vivrent dans la rue, il est évident que les distanciations sociales ne peuvent être respectées", ajoute Antoine Nehr. Pour François Guennoc, cette mesure est contre-productive. "Des milliers de migrants vont s’entasser aux distributions de la Vie active, donc les mesures de distanciation ne pourront pas être appliquées", pense le militant. Selon les associations, environ 1 400 migrants sont actuellement présents à Calais.
(...) "Cette mesure s’inscrit, une fois de plus, dans un politique d’épuisement et de non-accueil des migrants en France, et plus particulièrement à Calais", déplore encore Antoine Nehr. Les associations vont consulter leurs avocats pour connaitre les actions possibles à mener en justice. En attendant, "on va essayer de distribuer de la nourriture en dehors des zones interdites par l’arrêté", déclare François Guennoc. (...
#DroitdAsile | Alors que les moyens mis en œuvre pour accueillir les exilés sont insuffisants à #Calais, l’engagement associatif est une nouvelle fois entravé par un arrêté inhumain ! Une décision révoltante, contre laquelle la #LDH engagera un recours. https://t.co/PAZepUJLvc
— LDH France (@LDH_Fr) September 12, 2020
Chère @MarleneSchiappa chère Tartuffe, c'est pas comme si votre ministre de tutelle #Darmanin, qui a obtenu des faveurs sexuelles contre 1 promesse d'intervention, venait d'interdire aux associations de distribuer des repas aux migrants qui ont faim. #LaNausee. https://t.co/Zhlxlf3UQr
— Caroline Mecary (@carolinemecary) September 11, 2020