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Rue89 Bordeaux
Ce que la Nouvelle-Aquitaine peut gagner à sauver sa biodiversité
Article mis en ligne le 4 juillet 2019
dernière modification le 3 juillet 2019

La région Nouvelle-Aquitaine n’est pas épargnée par l’extinction massive de ses espèces animales et végétales, pointent les premiers travaux d’Ecobiose, GIEC régional de la biodiversité. Celui-ci met en avant les intérêts (parfois sonnants et trébuchants) à miser sur le vivant pour changer notre modèle actuel, très prédateur.

« On a tendance à penser que l’extinction des espèces vivantes se passe dans les forêts du Congo ou d’Amazonie, on ne pense pas assez que le vivant est en train de disparaître à côté de chez nous », alerte Nicolas Thierry, vice-président à l’environnement du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine.

Pourtant, « la biodiversité est en érosion accélérée » dans la région, alerte le comité scientifique Ecobiose. Déclinaison locale de l’IPBES (équivalent international du GIEC pour la biodiversité), Ecobiose rassemble plus de 100 chercheurs de 25 laboratoires qui ont recensé un millier d’études sur le sujet, dont 500 spécifiques à la Nouvelle-Aquitaine. (...)

Les trois premiers chapitres (sur 6 au total) du rapport, dont un « résumé aux décideurs », ont été présenté ce mardi à Bordeaux. Alors que les chapitres prairies, zone littorale et milieux urbains et articiels seront exposés à la rentrée, ceux révélés ce mardi se penchent particulièrement sur les « socio-écosystèmes » agricoles : plaines et vallées agricoles, vignes et forêts.
30 millions d’amis

Et pour cause : riche de 180000 emplois agricoles, première région agricole de France (en production), première d’Europe pour le bois, la Nouvelle-Aquitaine est au première loge en cas d’extinction massive du vivant. (...)

Le rôle indispensable des abeilles à la pollinisation des plantes, et donc à la vie sur Terre, est ainsi bien connu, tout comme l’effet des insecticides néonicotinoïdes sur leurs populations. Mais pour la première fois, une étude menée dans les Deux-Sèvres et citée dans le rapport Ecobiose, estime même les revenus dégagés par un producteur de colza lorsque les abeilles sont abondantes : 119 euros par hectare, soit une marge en hausse de 16% grâce aux pollinisateurs. Une autre analyse évalue à 35% l’augmentation des rendements de colza lorsque la population d’abeilles double ! (...)

Les espaces néo-aquitains aurait donc tout à perdre d’un effondrement de la biodiversité et au contraire tout à gagner d’un changement radical des modèles agricoles vers des « solutions nature ».

C’est vrai en termes de quantité et de qualité de la production (...)

Le maintien d’une importante diversité végétale permet aussi de séquestrer le carbone dans le sol, et de contribuer à lutter contre le réchauffement planétaire. En viticulture, le maintien d’un couvert herbeux augmenterait de 50% la matière organique du sol, contribuant à sa fertilité, empêchant son érosion, et stockant plus d’une 1 tonne de CO2 par hectare et par an.

En somme, Ecobiose plaide pour des modèles d’agriculture bio et agro-écologique, les plus bénéfiques à la nature et aux travailleurs qui en vivent (...)

Le conseil régional doit débattre et voter le 9 juillet prochain une délibération unique, baptisée NéoTerra, qui fixera une feuille de route pour la transition écologique de la région, avec une traduction budgétaire à déterminer d’ici la fin de l’année. (...)