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Chérubin, Centrafricain expulsé d’Algérie : "Ma demande d’asile était en cours quand j’ai été arrêté"
#Exiles #Algerie
Article mis en ligne le 23 novembre 2022
dernière modification le 22 novembre 2022

Chérubin Mbrenga est un Centrafricain de 30 ans qui a fui son pays en raison de la guerre civile. Malgré sa demande d’asile déposée en Algérie, il a été expulsé vers le nord du Niger. Témoignage.

"J’ai quitté la Centrafrique en janvier 2014 à cause de la guerre. Mes parents et ma sœur ont été tués lors d’une attaque d’une milice Seleka. Je me suis enfui et réfugié chez un vieil homme qui était Malien... C’est comme ça que j’ai finalement quitté la Centrafrique pour aller au Mali.

Là bas, j’ai rapidement trouvé du travail comme maçon. Je travaillais souvent avec des Sénégalais et les choses se passaient bien. J’ai obtenu le statut de réfugié au Mali rapidement. Mais les choses se sont compliquées à partir du coup d’État, il y avait soudainement beaucoup moins de travail. Des amis m’ont dit que la maçonnerie payait bien en Algérie et j’ai donc décidé d’y tenter ma chance (...)

Je suis entré clandestinement en Algérie en juin 2021 et j’ai voyagé dans le pays. J’ai travaillé à Annaba puis à Alger, la capitale. J’ai beaucoup travaillé sur de grands chantiers turcs. Je gagnais 70 000 dinars algériens par mois (environ 480 euros) et je pouvais envoyer de l’argent à ma femme et à mon fils de 4 ans, qui étaient restés au Mali. Je voulais régulariser ma situation et j’ai donc fait une demande d’asile en Algérie il y a quelques semaines. Ma demande était en cours d’examen quand j’ai été arrêté.

"Ils ont pris tout ce que j’avais"

C’était un jour où je faisais mes courses, vers 18h. Un véhicule avec 5 policiers s’est arrêté. Trois sont descendus et m’ont aussitôt menotté. Ils m’ont fouillé et ont pris tout ce que j’avais sur moi. Mon téléphone portable, mon argent (14 000 dinars, soit 100 euros environ). Ils ont même gardé la nourriture que j’avais achetée : des oignons, des tomates, et un demi-poulet. (...)

J’ai expliqué aux policiers que j’étais demandeur d’asile, je leur ai montré le reçu du HCR. Ils m’ont dit qu’ils avaient appelé les bureaux du HCR à Alger, mais que personne ne pouvait venir pour moi. Donc ils m’ont déporté vers le centre de refoulement de Tamanrasset, puis vers le Niger comme tous les autres migrants... Et une fois arrivé à Assamaka, c’est l’OIM qui m’a dit qu’elle ne prenait pas en charge les réfugiés.

Ce qui est sûr, c’est que je ne veux plus retourner en Algérie, je préfère encore aller au Mali. La vie est épuisante pour les Noirs en Algérie. Les policiers peuvent te racketter à tout moment. (...)