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Reporterre
Comment agir face au changement climatique ? Le débat
Article mis en ligne le 17 novembre 2017
dernière modification le 16 novembre 2017

La catastrophe climatique semble bousculer les possibilités mêmes de l’action. Politis et Attac France ont organisé une soirée pour y réfléchir. Les mots du débat ? « Effondrement », « dictature verte », « imaginaire mobilisateur », « migrations climatiques », « fossiles et patricarcat ». Reporterre y était : écoutez Txetx Etcheverry, Christophe Bonneuil, François Gemenne, Hervé Le Treut, Marie Toussaint, Victoire Guillonneau.

Visant à réhabiliter auprès du grand public les possibilités d’action et de discours en matière d’écologie, la soirée « La catastrophe climatique, un défi pour l’imagination, un défi pour l’action » était organisée à Paris le 10 novembre par le journal Politis et Attac. Elle aura permis une réappropriation des grands enjeux du sujet : politiques, juridiques, scientifiques, sociaux, économiques…

Les introductions de Geneviève Azam, porte-parole d’Attac, et de Pablo Solòn, ancien ambassadeur climat de la Bolivie aux Nations unies, ont posé les jalons des débats qui suivirent.
Déni et inadaptation de nos institutions, banalisation et optimisation économique des risques… Les premières lignes de présentation soutenues par Geneviève Azam ont été suivies par la prise de parole ovationnée de Pablo Solòn sur les interdépendances entre crises économique, sociale et écologique. Dès lors, la place aux débats fut donnée à quatre binômes, autour de questionnements bien distincts.

« Inscrire l’écocide comme le cinquième crime parmi les plus graves au sein des statuts de la Cour pénale internationale »

Hervé Le Treut, climatologue et directeur de l’Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL), et Txetx Etcheverry, cofondateur de Bizi ! et d’Alternatiba, ont, dans un premier débat, discuté la question : « Comment se saisir de l’alerte scientifique ? »

Txetx Etcheverry juge quant à lui que les arguments ne peuvent pas être seulement rationnels, mais que l’émotionnel joue son rôle. Il plaide pour que n’interviennent pas dans le débat seulement des scientifiques ou des économistes, mais aussi des « psychologues, anthropologues, spécialistes des mouvements sociaux, militants ». L’enjeu, pour lui, est de créer un « imaginaire mobilisateur » : pour cela, il faut créer des communautés de territoires, de destin, « où les gens se sentent embarqués ». (...) Vint ensuite la question des migrations climatiques, analysées par François Gemenne, géopolitologue et directeur exécutif du programme de recherche interdisciplinaire « Politiques de la Terre » à Sciences Po, et Christel Cournil, maitresse de conférence en droit public. Pour eux, les migrations sont les « symptômes d’un grand dérangement ». Il ne faut pas distinguer migrations économiques et climatiques, mais les penser comme un phénomène unique. (...)

« Il s’agit d’un dérangement profond des cadres de pensée sur lesquels repose l’organisation du monde d’aujourd’hui. Et je crois qu’actuellement l’anthropocène met en cause toute une série de concepts fondamentaux à partir desquels on a organisé le monde : les concepts de frontière, de puissance, de territoire, d’État nation, et par-dessus tout de souveraineté nationale. Si nous ne remettons pas en cause ces cadres de pensée, nous ne serons pas capables de comprendre et d’affronter les enjeux de l’anthropocène. » (...)

Enfin, Maxime Combes, économiste et militant d’Attac pour la justice climatique, et Victoire Guillonneau, chargée de mobilisation pour 350.org, sont venus clore les débats, en soulignant la nécessité de cesser l’exploiation des ressources fossiles.