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Comment les objets connectés sont détournés pour harceler les femmes
Article mis en ligne le 27 juin 2018
dernière modification le 26 juin 2018

A San Francisco, les numéros d’écoute destinés aux femmes victimes de violences domestiques recueillent des témoignages d’un genre nouveau. Aux violences physiques ou morales, s’ajoutent désormais des piratages des objets connectés de ces mêmes victimes, pour leur mener la vie dure.

Le New York Times a conduit une trentaine d’interviews sur le sujet. Un large panel d’objets connectés peut faire l’objet de piratages. Parmi eux, les serrures, caméras, thermostats ou encore enceintes reliés à un réseau Internet. Les victimes font ainsi état d’une forte augmentation de la température de leur chauffage ou du volume de leurs enceintes connectées, d’arrêts intempestifs de leur climatisation, de changements réguliers de leurs codes Wi-Fi ou des mots de passe de leurs serrures connectées. D’après le journal américain, les cas de divorce ou de séparation sont particulièrement propices à ce type de "cyber-revanches".(...)

Encore vulnérables, les objets connectés constituent bien souvent un cheval de Troie au sein des maisons et entreprises, pour qui peine à les paramétrer. Les cas de piratages sont nombreux. Fin 2016, une équipe de chercheurs était parvenue à prendre le contrôle d’ampoules connectées, pouvant ainsi accéder à d’autres objets connectés au réseau, relevait le New York Times.

Dans le cas de violences domestiques, les harceleurs s’avèrent bien plus informés que des pirates extérieurs. Ils connaissent bien souvent l’emplacement et le modèle des objets connectés et ont pu éprouver leur fonctionnement. Autant d’informations mises à profit pour contrôler, harceler ou surveiller leurs détenteurs.

Face à ces comportements abusifs, subsiste encore un vide juridique dans le pays. (...)