S’agit-il de protéger les réfugiés ou de les punir ? Dans une tribune au « Monde », la médecin légiste et psychiatre, Judith Trinquart, interpelle les juges de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides sur la manière dont sont menés les entretiens avec les demandeurs d’asile.
(...) emprisonné et torturé de toutes les façons possibles — physiquement, psychologiquement, sexuellement. Après avoir entendu le récit de ces tortures, je crois être arrivée au bout de l’histoire, au bout de l’horreur. Mais voilà qu’il commence à raconter sa traversée du désert de Lybie en disant : « C’est l’enfer. » Ah ! Jusqu’alors, ce n’était donc pas l’enfer ?
« J’ai mangé un mort »
Douze jours pour traverser le désert à pied. Les gens qui meurent autour de lui. En effet, c’est l’enfer. Survivre à des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants qu’il voit mourir les uns après les autres. Mourir de soif, de douleur, de piqûres de scorpions ou de morsures de serpents. Mourir, tirés comme des lapins par les Bédouins gardiens de troupeaux de moutons qui les considèrent comme des intrus. Entendre encore et encore les gémissements et les hurlements de ceux qu’il a laissés au bord du chemin sans pouvoir leur venir en aide, parce que s’arrêter, c’est crever avec eux, et leur donner à boire, c’est crever avec eux.
Chaque mort sur sa route est une partie de lui-même qu’on lui a arrachée. Il entend toujours leurs hurlements : « C’est comme une explosion dans ma tête. » Mais il ne peut pas s’arrêter. Alors il marche encore, et encore, et encore. Soif, chaleur, douleur : il n’en peut plus, mais il marche parce que, après tout ce qu’il a vécu, après tout ce qu’il a traversé, il se doit d’avancer. Et il réussit : il arrive en Libye. (...)
La France fabrique des sans papiers !
— Laurent Aspis (@laurent_aspis) August 18, 2022
Et quand vous devez traduire à un réfugié le contenu des décisions de l’OFPRA… Quelle honte 😔
— Sapere Aude ! 🇪🇺 (@lasaraconor) August 18, 2022