Bandeau
McInformactions.net
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Les nouvelles news
Condamnation de Jacqueline Sauvage : « La définition de la légitime défense est trop archaïque »
Article mis en ligne le 12 décembre 2015

Jacqueline Sauvage a été condamnée à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari, violent et incestueux. Ses avocates réclament une extension de la légitime défense dans les cas de violences conjugales. Est-ce possible ? Explications et entretien avec les avocates.

C’était le 10 septembre 2012. Jacqueline Sauvage, alors âgée de 66 ans, tuait son mari de trois coups de fusil dans le dos, mettant fin à 47 ans de calvaire. Coups, abus sexuels, inceste, les témoignages sont violents. « Il lui fallait toujours un punching-ball pour se soulager », expliquera Sylvie Marot, fille aînée de Jacqueline Sauvage, à la barre du tribunal de Blois, racontant par la suite les viols de son père sur elle-même et ses deux sœurs. Le fils, lui, s’est suicidé la veille du meurtre.

Un douloureux contexte familial qui n’aura pas empêché les jurés de condamner Jacqueline Sauvage à 10 ans de prison. Une peine qui a provoqué une vive émotion : plus de 80 000 personnes ont déjà signé la pétition réclamant la grâce présidentielle pour Jacqueline Sauvage. Et un peu moins de 10 000 euros ont été récoltés par l’association féministe Les Dé-chaînées afin de « rendre un peu moins dure » l’incarcération.

Il faut « repousser les limites de la légitime défense appliquée aux situations de violences conjugales »

Au-delà de l’émotion, lors de sa plaidoirie, l’avocate de Jacqueline Sauvage, maître Tomasini, a demandé aux jurés de « repousser les limites de la légitime défense appliquée aux situations de violences conjugales ». L’article 122-5 du Code pénal relatif à la légitime défense est pourtant clair : « N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui, sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte. »

Or, Jacqueline Sauvage a tué son mari de trois coups de fusil dans le dos. « La légitime défense n’est pas soutenable » ici, a souligné Frédéric Chevallier, l’avocat général. D’un point de vue purement physique, Jacqueline Sauvage n’était pas en position de légitime défense au moment de l’action. Mais ce qu’espéraient les avocates, c’est que les jurés prennent en compte l’état permanent de stress de Jacqueline Sauvage, « le syndrome de la femme battue ». (...)