À neuf, ils seront chargés d’examiner la conformité de la réforme des retraites à la Constitution. Leur décision est attendue le 14 avril. Mais qui sont les « sages » ? Et le sont-ils vraiment ?
Rue Montpensier, on ne retrouve aucun constitutionnaliste, peu de juristes de carrière, surtout des femmes et hommes politiques expérimentés et des hauts fonctionnaires au CV rutilant. « Tant qu’on nommera des ex-ministres, des ex-membres de cabinets ministériels ou des ex-parlementaires, on demandera à ceux qui ont fait la loi de la juger », tacle la professeure de droit public Lauréline Fontaine, critique acide du Conseil constitutionnel.
Quatre de ses membres ont été nommés par le pouvoir en place : deux par l’ancien président de l’Assemblée nationale et historique de la Macronie, Richard Ferrand, et deux par Emmanuel Macron lui-même. Aucun n’est concerné par le report de l’âge légal de départ à la retraite, puisqu’ils ont tous dépassé 64 ans. Oseront-ils déclarer la guerre au gouvernement en censurant la loi, ce qu’ils devraient faire au regard de la Constitution, selon de nombreux juristes ? Portraits.
Laurent Fabius, le président
Sa voix compte double en cas d’égalité lors des décisions du Conseil. Le socialiste, plus jeune premier ministre de l’histoire de la Ve République, préside l’institution depuis 2016 et achèvera son mandat en 2025.
Laurent Fabius, 76 ans, a tenté de moderniser l’institution en médiatisant davantage son action, mais il s’est rarement opposé aux décisions de l’exécutif. (...)
Alain Juppé, le « droit à l’oubli »
Par deux fois, l’ancien premier ministre de Chirac a plaidé le « droit à l’oubli » au moment d’être nommé au Conseil. D’abord, en évoquant sa condamnation pénale en 2004, dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.
Puis sur ses cours de droit constitutionnel, qui remontent à quelques décennies. Ce Macron-compatible, n’a pas un profil de juriste mais de politique (...)
Michel Pinault, le pantouflard
Double diplôme HEC et ENA, un pied dans le privé, l’autre dans le public.
L’ancien conseiller d’État, 75 ans aujourd’hui, a exercé pendant douze ans des fonctions de cadre chez l’assureur privé Axa, de 1992 à 2004, avant de retourner au Conseil d’État, puis de devenir un « sage » en 2016. (...)
Jacqueline Gourault, la cohésion macroniste
« Il n’est précisé nulle part qu’il est nécessaire d’avoir fait des études de droit pour siéger au Conseil. » (...)
nommée par le président de la République pour des raisons politiques plus que pour sa connaissance de la Constitution. L’intersyndicale a d’ailleurs demandé, en vain, qu’elle se déporte de tout dossier relatif à la réforme des retraites, puisqu’elle était membre du gouvernement quand le chef de l’État planchait sur son programme de second mandat. (...)
Véronique Malbec, une nomination polémique
La nomination, en mars 2022, de l’ancienne directrice de cabinet du ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, au Conseil s’est faite sur proposition de Richard Ferrand. Ce qui n’a pas manqué de susciter une polémique. (...)
Jacques Mézard, l’atout terroir
Chez les Mézard, on est sénateur du Cantal de père en fils (...)
François Seners, Un énarque pur jus
À 65 ans, cet énarque originaire de Strasbourg est entré en mars 2022 au Conseil, nommé par Gérard Larcher. Pur produit de la haute fonction publique, il a fait une grande partie de sa carrière en suivant les dossiers relatifs aux outre-mer, notamment à la Nouvelle-Calédonie. (...)
Corinne Luquiens, la bureaucrate du Palais Bourbon
Elle connaît tout de l’Assemblée nationale sans jamais y avoir été élue.Corinne Luquiens, la bureaucrate du Palais Bourbon
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