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Delta gamma : la route vers l’emploi made in USA
Article mis en ligne le 1er novembre 2013
dernière modification le 29 octobre 2013

Reportage de Californie

Alpha tau omega, Tau kappa epsilon… Les façades marquées par des lettres grecques intriguent, au cœur du campus de Berkeley, dans la baie de San Francisco. On se croirait dans un film sur les sociétés secrètes américaines comme « The social network », qui raconte la succes story du petit génie d’Harvard, Mark Zuckerberg, et dévoile quelques uns des rites d’initiation de ces clubs très fermés.

Les Bush, grand-père, père et fils, font partie de la réputée Skull and bones de l’université de Yale. Tout comme John Kerry, actuel secrétaire d’Etat qui a affronté Georges W Bush en 2004, côté démocrate.

(...)
Dès l’université, les étudiants américains tissent des réseaux professionnels en vivant en communauté dans ces maisons, de mystérieux clubs également connus pour leurs fêtes, popularisées dans les films comme « American Pie ».
Maisons de la débauche versus maisons de poupées

Et à chaque rentrée, de véritables recrutements ouvrent la porte de ces cercles où se forge l’élite de demain. Difficile à croire quand on entre dans ces fraternités où vivent une trentaine de garçons, parmi les cadavres de bouteilles qui jonchent le sol, souvenirs des dernières soirées.

A côté de ces maisons de la débauche, les sororités sont de véritables maisons de poupées. Les étudiantes sont cadrées par une « mom », qui veille au grain. Une fois par semaine, une fraternité invite une sororité pour des fêtes délirantes où tout est permis, et cultiver ainsi l’endogamie. (...)

« Des ségrégations pas uniquement fondées sur l’élitisme social et intellectuel »

La sociologue Stéphanie Grousset-Charrière a étudié en immersion les sociétés secrètes d’Harvard. Elle en a fait l’objet de sa thèse et d’un livre « La face cachée de Harvard, la socialisation de l’élite dans les sociétés secrètes étudiantes ». Selon elle, les fraternités et sororités sont en quelques sortes les petits frères et sœurs de ces clubs ultra sélects.

« Ce sont des communautés étudiantes genrées qui ont mis en place des ségrégations, pas uniquement fondées sur l’élitisme social et intellectuel mais aussi sur la religion et la race. Il existe des frat juives, noires, et même de sororités de blondes… Ces formes de catégorisations qui pourraient paraître discriminatoires ne sont pas perçues ainsi aux Etats-Unis car elles sont ouvertement déclarées comme telles. »

Se créer des opportunités professionnelles (...)

Contrairement à la plupart des réseaux d’anciens des grandes écoles françaises, quand on est membre d’une fraternité ou sororité, c’est à vie, et pas seulement le temps que l’on cotise. « Aux Etats-Unis, la reconnaissance de ceux qui nous ont faits est très importante, précise la sociologue. D’où un mécénat considérable. » Ce qui permet d’entretenir, d’une pierre deux coups, les « frat houses » et les carnets d’adresse.