Un assistant de la députée LFI Aurélie Trouvé a été lourdement frappé au visage et sur le corps par des hooligans néonazis parisiens et toulousains, alors qu’il filmait leur agression raciste. StreetPress a identifié des membres du groupe.
(...) Il a fini à l’hôpital avec le visage tuméfié, le nez gonflé et cinq jours d’ITT. Son portable a été volé par ces mêmes hools.
C’est Le Parisien qui a publié l’histoire ce 4 mai au soir. Une fuite qui inquiète beaucoup l’attaché LFI. « J’ai peur. Les personnes qui m’ont attaquées sont dangereuses. » Le média a qualifié les agresseurs d’« ultras toulousains ». Pourtant, StreetPress a surtout identifié des hooligans d’extrême droite dans le groupe, avec parmi eux un dénommé César A., un membre d’un groupe de hools parisiens. Ainsi que des hooligans toulousains – une amitié Toulouse-Paris existe chez les hools. (...)
Théo a déposé plainte et une enquête a été ouverte. Elle aurait été confiée à la Sûreté régionale des Transports (SRT) – un service qui enquête sur les crimes et délits commis dans les transports en commun – selon Le Parisien. (...)
arrivé aux portiques de sécurité, il aurait vu le groupe commencer « à violenter plusieurs passants d’origine maghrébine, sri-lankaise, ou africaine ». Selon l’attaché, ces derniers auraient pris des coups de poing et des vendeurs à la sauvette des coups de pied. « Je commence à filmer à l’avant, plutôt de loin », narre Théo.
Un des agresseurs l’aurait alors aperçu, avant de tenter de lui arracher son téléphone. Théo résiste mais plusieurs membres du groupe de hooligans arrivent :
« Ils m’ont frappé au visage, à la tête, au dos… »
Théo finit par lâcher le téléphone et perd connaissance. Il subit une sorte « d’amnésie traumatique » comme il le caractérise et se « réveille » dans les toilettes du hall principal de la gare, sans savoir comment il a marché jusque-là. Elise (1), la femme de ménage en service, lui porte secours puis appelle les pompiers et la police. Contactée par StreetPress, elle se rappelle qu’il « saignait très fort ». Quand ils sont arrivés, les agents de la RATP Sécurité auraient affirmé à Théo qu’ils ne pouvaient rien faire et n’ont pas proposé à l’attaché parlementaire de porter plainte.
Théo est pourtant mal en point. Il est conduit à l’hôpital Lariboisière, où un examen révèle les lésions suivantes : « Une plaie au cuir chevelu agrafée, un œdème des os propres du nez sans fracture visible sur la radio, un hématome maxillaire droit et péri-orbitaire bilatéral, ainsi qu’une lésion non suturée à la lèvre supérieure et à la langue. » Deux jours plus tard, un nouveau constat médico-légal que StreetPress a pu consulter lui donne cinq jours d’ITT. (...)
Des hooligans bien connus de StreetPress
Le 30 avril, au lendemain des violences, Théo décide d’aller au commissariat. Le policier lui aurait expliqué, qu’en plus de lui, trois autres blessés de l’agression dans le métro auraient été transportés à l’hosto. Mais Théo est le seul à venir porter plainte. Il est rappelé par la police ferroviaire le 1er mai pour regarder les images de vidéosurveillance et identifier ses agresseurs. (...)