27,6 millions d’euros. C’est le montant de l’économie qu’espère réaliser le ministère de l’Intérieur en abandonnant l’envoi systématique des professions de foi par la Poste, lors des prochaines élections européennes.
Manuel Valls souhaite en effet modifier la loi relative aux élections européennes, par un article du projet de loi de finances (PLF) 2014, sur la « dématérialisation de la propagande électorale ». Les électeurs recevraient les professions de foi de leurs candidats par voie électronique, seulement s’ils le demandent... C’est oublier la fracture numérique et les inégalités d’accès aux technologies de l’information. Même si elles se réduisent, elles existent encore : 40% des non diplômés ne disposent pas d’accès à Internet à leur domicile [1].
Alors qu’en 2009 le taux d’abstention des dernières élections européennes avoisinait les 60%, le ministère de l’Intérieur, constitutionnellement garant de la bonne tenue du processus électoral, semble penser que ces élections se dérouleraient encore mieux avec moins d’électeurs. Ce souci d’économie au détriment de la pluralité démocratique cache un autre prétexte. Le gouvernement éprouverait quelques craintes quant aux résultats de ce scrutin à un seul tour. (...)