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Amnesty International
Gaz lacrymogènes  : analyse d’un usage abusif à travers le monde
Article mis en ligne le 3 février 2021
dernière modification le 2 février 2021

Alors que des Etats-Unis à Hong Kong en passant par la France, les gaz lacrymogènes sont massivement utilisés, notre plateforme interactive « Tear-Gas » répertorie et analyse plus de 100 cas d’utilisation abusive des gaz lacrymogènes dans 31 pays et territoires.

Pour les forces de sécurité, les gaz lacrymogènes permettent de disperser «  sans danger  » des foules violentes, en évitant d’avoir à utiliser des armes plus dangereuses. Or, nos recherches prouvent que la police les utilise massivement d’une manière qui ne correspond absolument pas à l’usage prévu. Souvent, elle utilise de grandes quantités de gaz lacrymogène contre des manifestants pacifiques dans leur large majorité, les blessant ou dans certains cas, provoquant même des décès. Nous estimons, tout comme le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, que l’utilisation de gaz lacrymogènes équivaut dans certaines circonstances à un recours à la torture ou à d’autres formes de mauvais traitements.

Concrètement, quelles substances y a-t-il dans les gaz lacrymogènes  ? Quels sont les impacts sur la santé  ? Comment sont-ils utilisés à travers le monde  ? Notre site interactif Tear Gas : An investigation répond à ces questions grâce à de nombreux ressources mises à disposition : vidéos d’expert, infographie, cartographie...

Exemples d’utilisation abusive (...)

Dans certaines vidéos, on voit des grenades lacrymogènes lancées sur un cortège funèbre, dans un bus scolaire, dans des hôpitaux, dans des immeubles, dans le métro, dans des galeries marchandes, et aussi, étonnamment, dans des rues presque désertes. Les forces de sécurité ont aussi tiré des grenades lacrymogènes directement sur des personnes, qui ont été blessées ou tuées, depuis des camions, des jeeps, et au moyen de drones. Parmi les personnes visées figurent des personnes pacifiques manifestant pour le climat, des lycéens, du personnel médical, des journalistes, des personnes migrantes et des défenseurs des droits humains, notamment des membres du mouvement Bring back our girls, au Nigeria. (...)