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Gazé, fouillé à nu, menacé : le calvaire d’un éducateur de rue
Article mis en ligne le 4 avril 2022

Le 14 février dernier, Diafara, éducateur de rue, a vécu un véritable calvaire près de Chartres. Il a passé 22 heures en garde à vue sans raison, accusé à tort, fouillé à nu avant d’être relâché sans poursuite. L’événement a choqué et mobilisé le quartier. Street Press diffuse en ligne les conditions de son arrestation et évidemment, c’est très choquant, pour ne pas dire plus (...)

« Je donne ma carte d’éducateur et d’identité. Il les prend et me dit de dégager, que ce n’est pas mon problème. » Explique Diafara. Malgré sa tentative d’explication un policier sort sa bombe lacrymogène et gaze les 2 éducateurs présents sur place Angèle et Diafara. « J’ai été arrosée trois fois à bout portant, de la tête aux pieds. J’ai eu peur », dira-t-elle. D’autres habitants sont touchés par les coups de gazeuse, dont des mamans et un enfant de sept ans. 
Mais cela ira plus loin encore. L’éducateur sera menotté. Les 2 professionnels seront emmenés au poste de police, « Toi l’éducateur, je vais te faire perdre ton travail » Diafara est accusé de refus d’obtempérer, rébellion et outrage. La préfectuure a pris fait et cause pour les policiers alors que au moins six témoins du contrôle indiquent que Diafara a été « pacifiste ». « À chaque moment, il a gardé son calme ».
Diafara subira une fouille intégrale. « Je cache un peu mes parties génitales, je dis que c’est humiliant », se souvient-il. Il se rappelle des rictus des policiers. « Ils savaient que j’étais éducateur, que je suis là pour aider les gens. C’est un métier difficile, où tu n’es pas bien payé. Ils m’ont dit que c’était la méthode mais moi je n’ai rien fait, je ne suis pas un criminel. Ton mental, il en prend un coup. ». C’est consternant.
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« Je suis toute seule sur le quartier avec des enfants qui courent partout et qui pleurent. Des mamans en larmes. Je ne sais plus quoi faire, les jeunes sont paniqués. »

Pour le duo, les forces de l’ordre ont fait preuve de racisme. « Pourquoi je ne me suis pas fait embarquer comme tout le monde », s’interroge Angèle, qui précise qu’elle était « la seule personne blanche et la seule femme ». Pour Diafara, c’est parce qu’il est noir qu’il a été maltraité : « Qu’est-ce qui a gêné le policier ? Je n’ai pas été violent. »
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Dans la voiture qui emmène Kevin, Fresh et Metehan, un fonctionnaire leur aurait également déclaré : « Moi je suis fier d’être français » ou « On ne vous aime pas » (...)

Avec les autres matriarches, Rahma lance une pétition « Stop à la violence (gratuite) » qui dénonce l’action des forces de l’ordre lors du contrôle. « Ce n’est malheureusement pas la première fois que de tels faits se produisent, provoquant une ambiance d’insécurité dans le quartier », y est-il écrit. Cette pétition, signée par environ 250 personnes, a été envoyée au maire de Lucé et à la préfète d’Eure-et-Loir. (...)

Dans leur pétition, les mamans demandent « des excuses publiques » face à « l’injustice » de l’interpellation. « Les policiers ont le droit de travailler mais correctement, ils n’ont pas le droit d’agresser les gens », explique Bouchra, mère d’un jeune mort dans une rixe il y a deux ans. (...)

Face à cette mobilisation du quartier, Diafara s’est dit qu’il n’allait « pas lâcher ». Le trentenaire réfléchit également à porter plainte. Pour la préfète Françoise Souliman, si le parquet n’a pas jugé bon d’ouvrir une enquête, l’affaire est close (...)