Depuis 10 ans, StreetPress pratique un journalisme ouvert, conscient et engagé. Aujourd’hui, tout pourrait bien s’arrêter. Alors nous lançons un appel. Sauvez StreetPress !
Au départ, ce simple SMS : « Grosse descente policière à Barbès aujourd’hui. De TRÈS nombreuses arrestations. Ils font la chasse aux sans-papiers. » Je rappelle. « Ils contrôlent tout le monde. Jusque dans les restaurants. » Sa voix se brise. « Ils ont rempli trois bus. Il y avait des mamans. Même des vieux, ceux qui jouent aux dominos. » Je raccroche. Et à mon tour, je craque. Je pleure, le ventre noué. Le lendemain, quartier de la Goutte d’Or, je récolte les témoignages pour un article qui paraîtra quelques jours plus tard. Après la publication, je reçois un coup de fil de Canal+. « On voudrait parler de cette histoire. Vous avez des images ? » Pas de vidéo, pas de sujet télé. Ils n’en parleront pas. Cette indignation, forcément subjective, c’est depuis 10 ans la raison pour laquelle on se lève le matin. (...)
Il n’y a pas que ça, bien sûr. On veut raconter le monde tel qu’il est vraiment, résister à la mécanique assourdissante du flux d’info en continu, sortir de la caricature. Prendre le temps. Sur le terrain, humblement. Et à hauteur d’homme. On s’est appelé « StreetPress », car le journaliste est aux côtés des personnes dont il parle. On ne descend pas dans la rue, on est dans la rue. On ne passe pas le périphérique pour un reportage, on est déjà de l’autre côté du périph.
Pour nous soutenir, c’est par ici : https://www.streetpress.com/soutenir (...)
Ensemble, nous défendons un journalisme conscient. Conscient de son rôle et de ses responsabilités. Nous choisissons nos sujets d’enquête pour ce qu’ils disent, pour l’impact qu’on souhaite qu’ils aient, pour les questions qu’ils suscitent. Pas pour le nombre de partages et de likes qu’ils doivent générer. StreetPress, c’est un espace de liberté rare.
Le journalisme est un sport de combat
Et ces valeurs, nous nous efforçons de les partager. (...)
On est aussi trop souvent confrontés aux procès. Nous n’avons pour autant jamais renoncé à enquêter, jamais enterré un sujet. Mais ces pressions judiciaires sont autant d’attaques au porte-monnaie. Et comme les bonnes fées du CAC40 ne se sont jamais penchées sur notre média, les questions d’argent nous valent quelques cheveux blancs. À la création de StreetPress en 2009, aucune banque ne veut soutenir le projet. Alors je fais croire à mon banquier que j’ai besoin d’un petit prêt pour refaire ma salle de bain. Crédit accepté ! L’aventure pouvait commencer. Dix ans plus tard, nous souhaitons frapper beaucoup plus fort. Pour y parvenir, nous avons besoin de vous. (...)