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Patricl Le Hyaric
Il faut un cap à gauche
Article mis en ligne le 1er avril 2014

Il paraît que ces dernières semaines, le Président de la République répétait à ses visiteurs qu’il voulait « enjamber » les élections municipales. Les électrices et les électeurs ont dressé, de diverses manières, une haie sur son passage. Au premier tour, dix-sept millions d’électrices et d’électeurs ne sont pas allés voter. Non pas qu’ils aient oublié de le faire. Ils ont voulu sanctionner vertement le pouvoir qu’ils ont contribué à élire il y a moins de deux ans.

C’est l’irrespect de la parole donnée et le mensonge, la politique d’austérité et de chômage, le refus de partager les richesses, le déclin des services publics, le manque de perspectives positives, les affaires et leur cortège de pourriture, qui sont sanctionnés par l’électorat populaire et de gauche.

La droite de l’UMP, même si elle gagne 150 villes, ne suscite pas plus d’appétence, car nos concitoyens n’en sont pas à rappeler les sarkozystes dont ils n’ont pas oublié le terrible bilan. C’est donc une abstention de rejet, d’écœurement à l’occasion d’une élection qui est censée mobiliser plus, tant les gens sont attachés à leur commune et souvent à leurs élus. L’extrême-droite se nourrit de toute la colère de tous les dégoûts, du sentiment de n’être jamais écoutés, jamais entendus, au moment où toute pensée progressiste, toute idée et projet alternatif sont rejetés des grands médias. Continuer ainsi, c’est se préparer à des jours sombres, où la combinaison de l’abstention de gauche et d’une alliance sur le terrain entre une droite de plus en plus dure et l’extrême-droite, permet à cette nouvelle droite de s’emparer des lieux de pouvoir pour déchiqueter encore plus les idéaux de notre république et pousser le pays dans l’abîme.

Et les confus débats autour du remaniement gouvernemental, ne serviront qu’à amuser la galerie, tant que le pouvoir ne changera pas d’orientation politique, tant qu’il ne décidera pas d’urgence que l’argent doit servir d’abord le travail et les retraites, la protection sociale, l’avenir de la jeunesse et non pas à alimenter les riches spéculateurs, tant qu’il ne décidera pas de s’émanciper des orthodoxes lois des institutions européennes, tant qu’il ne fait pas un bond en avant pour démocratiser notre République, de telle sorte que chacune et chacun puisse être écouté. (...)