Deux personnes seraient portées disparues après un refoulement opéré par les garde-côtes grecs, selon des témoignages recueillis par la plateforme d’urgence Alarm Phone. Ces pratiques illégales sont de plus en plus documentées en mer. Mais cette fois-ci, une violence particulière aurait été déployée à terre : les agents auraient remis à l’eau le groupe d’exilés, qui avait pourtant déjà atteint le sol de l’île grecque de Rhodes.
L’alerte remonte au 20 juillet. Ce jour-là, les équipes d’Alarm Phone, très actives aux frontières - maritimes comme terrestres - entre la Grèce et la Turquie, ont été contactées par des proches des victimes, pour signaler leur disparition depuis une semaine.
Avant de disparaître, "M." et "G." - deux jeunes hommes dont on ne sait quasiment rien, si ce n’est l’âge, 23 ans, du second -, auraient été refoulés par les garde-côtes grecs vers la Turquie. Ces derniers auraient remis à l’eau le groupe d’exilés, dont faisaient partie "M." et "G.", alors même qu’ils avaient déjà débarqué sur le sol grec.
Le groupe de migrants était initialement parti de Bodrum, en Turquie, pour rejoindre l’île de Rhodes, en Grèce. De là, ils espéraient pouvoir rejoindre l’Europe. Sur une embarcation de fortune, le petit équipage était parvenu à atteindre le village de Soroni, sur la côte ouest de l’île de Rhodes. Mais, à leur arrivée, ils ont été interpellés par la police grecque. (...)
"J’ai parlé avec l’un d’eux en anglais, je lui ai dit que je voulais demander l’asile et que j’étais mineur", raconte à Alarm Phone l’un des survivants, ami des deux disparus, qui dit être âgé de 17 ans. "Ils étaient très méchants et violents."
"Personne ne veut mourir en attendant que quelqu’un vienne l’aider"
C’est au moment de cette interpellation que les événements ont pris une tournure déroutante. La police grecque a emmené le groupe "dans une église près de la mer". "Je ne sais pas où se trouve l’endroit parce que les téléphones ont été confisqués", poursuit le survivant auprès de l’association.
Les agents leur auraient alors dit "de rester calmes" et leur auraient promis : "Nous vous emmènerons au camp".
Sauf que, le soir venu, "ils nous ont remis aux garde-côtes, puis ils nous ont jetés à la mer", affirme le témoin. (...)
Le groupe serait resté bloqué en mer deux jours durant, sans eau ni nourriture, et sans moyen d’appeler à l’aide. Sur l’une des photos relayées par Alarm Phone, on voit de grandes traces de brûlures causées par le soleil sur la peau de l’un des passagers. (...)
Au troisième jour de dérive, les deux jeunes hommes ont décidé de quitter l’embarcation pour aller chercher du secours. "Mes amis ont nagé dans une direction inconnue" vers "une île au loin", raconte le témoin de 17 ans. C’est là que les deux personnes auraient disparu. Le reste des passagers n’a plus eu de nouvelles depuis. (...)