C’est pour l’heure la seule voix dissonante des éditorialistes tv.
Et c’est bien maigre.
La plupart des autres sont réglés sur l’agenda zemmourien comme du papier à musique.pic.twitter.com/bgu70QwG3o— Guillaume Blardone (@gblardone) September 29, 2021
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Zemmour stigmatise les musulmans comme naguère on le faisait des juifs
Dire de l’islam qu’il n’est pas compatible avec la République, c’est employer la même réthorique que les antisémites d’antan.
Les sorties médiatiques d’Éric Zemmour ont ceci de particulier qu’elles sont toutes marquées du sceau de l’infamie. Le terme pourrait paraître excessif mais je ne vois pas bien quel autre substantif employer quand je l’entends soit vitupérer à tort et à travers sur l’islam, soit tâcher de défendre ou de relativiser la politique antijuive du maréchal Pétain. À chaque fois, je ne peux m’empêcher de ressentir un profond dégoût auquel se mêle une sorte d’effarement né du fait que cette personne partage avec moi des origines communes –juives, pour ne pas les nommer.
L’héritage du judaïsme et de son histoire devrait préserver quiconque s’en trouve issu de professer de telles ignominies. S’il existe bien des manières d’être juif, si les diversités d’opinions et les différents degrés d’appartenance contribuent à la richesse de la pensée juive, on ne saurait toutefois admettre que l’un de ses membres puisse employer vis-à-vis de la communauté musulmane des mots, des idées, des concepts qui par leur brutalité, leur ineptie, leur sectarisme, leur parfum de haine et de sang, rappellent les préjugés dont a souffert siècle après siècle le peuple juif.
Prétendre que l’islam ne saurait être compatible avec l’idée qu’on se fait de la France résonne pour celui qui veut bien l’entendre des mêmes accents funèbres naguère répandus par des régimes nationalistes qui voyaient dans l’essence même du judaïsme une incompatibilité à siéger parmi les nations. Dire du musulman que la pratique de sa religion lui interdit par essence de participer à la vie du pays, c’est commettre le même crime, le même ostracisme, qu’a dû endurer pendant toute son histoire la communauté juive. (...)
Certes, je ne suis pas naïf au point d’ignorer qu’il puisse exister au sein des musulmans de France des individus prompts à embrasser pareil projet, mais combien sont-ils au juste ? Pense-t-on sérieusement que leur nombre soit si élévé qu’ils représentent une menace réelle pour la République, en ce sens où un jour prochain, ils pourraient prétendre diriger ce pays ? Alors quoi, il y aurait en France des millions et des millions de Frères musulmans qui à l’ombre de leurs mosquées prévoiraient de marcher demain sur l’Élysée afin d’y installer l’un des leurs ?!
Mais c’est délire de penser de la sorte ! De ce même délire qui voyait les juifs comme des voleurs d’enfants dont ils épuisaient le sang afin de procéder à la fabrication rituelle de leur pain azyme. (...)