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Le Grand Soir
L’Institut des droits de l’homme de l’Association internationale du barreau condamne le traitement réservé par le Royaume-Uni à Julian Assange dans le cadre du procès d’extradition américain
Article mis en ligne le 11 mars 2020

L’Institut des droits de l’homme de l’Association internationale du barreau (IBAHRI) condamne les mauvais traitements infligés à Julian Assange lors de son procès d’extradition aux États-Unis en février 2020, et demande instamment au gouvernement du Royaume-Uni de prendre des mesures pour le protéger. Selon ses avocats, M. Assange a été menotté 11 fois, déshabillé deux fois et fouillé, ses dossiers ont été confisqués après le premier jour de l’audience et sa demande de s’asseoir avec ses avocats pendant le procès, plutôt que dans une cage entourée de vitres pare-balles, a été rejetée.

Le coprésident de l’IBAHRI, l’honorable Michael Kirby AC CMG, a déclaré :

(...) "L’IBAHRI est préoccupé par le fait que les mauvais traitements infligés à Julian Assange constituent des violations de son droit à un procès équitable et des protections consacrées par la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, à laquelle le Royaume-Uni a souscrit. Il est profondément choquant qu’en tant que démocratie avancée dans laquelle l’État de droit et les droits des individus sont préservés, le gouvernement britannique ait gardé le silence et n’ait pris aucune mesure pour mettre fin à un comportement aussi flagrant et disproportionné de la part des fonctionnaires de la Couronne. De même, nous sommes surpris que le président du tribunal n’ait rien dit ni fait pour réprimander les fonctionnaires et leurs supérieurs pour un tel comportement dans le cas d’un accusé dont l’infraction n’est pas une violence personnelle. De nombreux pays dans le monde considèrent la Grande-Bretagne comme un exemple dans ce domaine. En l’occurrence, l’exemple est choquant et excessif. Il rappelle le scandale de la prison d’Abu Grahib, qui peut se produire lorsque les fonctionnaires de la prison ne sont pas formés aux droits fondamentaux des détenus et aux règles de Nelson Mandela".

Conformément à la loi sur les droits de l’homme de 1998, qui est entrée en vigueur au Royaume-Uni en octobre 2000, toute personne jugée au Royaume-Uni a droit à un procès équitable (article 6) et à ne pas être soumise à la torture et à des traitements inhumains ou dégradants (article 3). De même, l’article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’homme confirme le droit d’un individu à un procès équitable et public devant un tribunal indépendant et impartial.

La coprésidente de l’IBAHRI, Anne Ramberg Dr jur hc, a déclaré :

"L’IBAHRI partage l’inquiétude générale concernant les mauvais traitements infligés à M. Assange. Il doit bénéficier d’une égalité d’accès à une représentation juridique efficace. Avec ce procès d’extradition, nous assistons à une grave atteinte aux droits de la défense et à l’État de droit. Il est troublant que M. Assange se soit plaint de ne pas pouvoir entendre correctement ce qui se dit lors de son procès et que, parce qu’il est enfermé dans une cage de verre, il soit empêché de communiquer librement avec ses avocats pendant la procédure à la mesure de l’accusation".

Un récent rapport de Nils Melzer, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et les traitements inhumains, présenté lors de la 43e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (24 février - 20 mars 2020), affirme que les effets cumulés des mauvais traitements de M. Assange au cours de la dernière décennie constituent une torture psychologique. Si M. Assange était considéré comme une victime de torture psychologique, son extradition serait illégale en vertu du droit international des droits de l’homme.