Bandeau
McInformactions.net
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
GISTI
La délivrance des visas rattrapée par l’idéologie sécuritaire
#visas
Article mis en ligne le 25 mai 2023
dernière modification le 24 mai 2023

Face à une politique des visas devenue un implacable outil de régulation de l’immigration, la justice est amenée à annuler 40% des décisions de refus dont elle est saisie. Mais la multiplication des obstacles dressés par l’administration dans le parcours d’une population fragilisée par la distance et la suspicion la rend inaccessible à l’immense majorité des personnes qui se voient refuser un visa d’entrée en France.

Ces dernières décennies, il nous faut constater que l’appréhension de la question migratoire à travers la délivrance des visas a radicalement évolué : si elle était, à l’origine, un indicateur de l’attractivité française, elle est désormais devenue un outil de régulation de l’immigration, dans un contexte sécuritaire et de suspicion généralisée à l’encontre d’une population étrangère toujours plus stigmatisée. Ainsi, l’une des stratégies de cette politique est de décliner, ad nauseam et jusqu’à l’absurde, les soupçons de fraude et la notion d’ordre public afin de justifier des refus toujours plus nombreux (...)

Ainsi, le ministère de l’intérieur ne craint pas d’affirmer devant le tribunal administratif que la Syrie n’est pas un pays dangereux pour un opposant, ou encore, lors d’une décision opposée après l’arrivée des talibans au pouvoir en Afghanistan, qu’une jeune femme originaire de ce pays et âgée de 20 ans, seule, ne risque rien… Face à tant de mauvaise foi et à une persistance à nier jusqu’aux truismes, cette déconnexion n’est plus préoccupante mais réellement inquiétante.

La posture du ministère de l’intérieur, qui fait fi de toutes considérations juridiques, provoque inévitablement des censures fréquentes de la juridiction administrative. Pourtant, le ministère n’en a cure. (...)

C’est ce même paradigme sécuritaire qui amène chacun des acteurs, du consulat au ministère, à faire preuve d’indifférence et d’incompétence. (...)