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Les Nouvelles News
La justice face au viol, débat en Belgique
Article mis en ligne le 10 février 2016

Réactions en chaîne suite à la clémence d’un tribunal, qui a utilisé la mesure de suspension du prononcé pour dispenser de peine un violeur reconnu coupable.

Débat à tiroirs en Belgique après une décision de justice pleine de clémence à l’égard d’un violeur. Un tribunal de Gand a reconnu coupable un animateur de radio qui avait violé une femme en 2014, mais l’a dispensé de peine (sauf une indemnisation de 4 500 euros à verser à la victime) : l’homme a bénéficié de la mesure de « suspension du prononcé ». Car aux yeux des juges il « ne s’est pas agi d’un viol avec brutalité », et « l’homme aurait mal interprété les signaux émis par la victime et perdu le contrôle. »

« Cette décision confirme la mentalité générale dans le système judiciaire à l’égard de la violence sexuelle contre les femmes », dénonçait rapidement la présidente du Conseil Flamand des Femmes, Magda De Meyer. « Souvent, nous voyons que la justice suit le raisonnement de l’homme, quand il dit avoir mal interprété les signaux envoyés par la femme ».

Choc également dans le milieu politique : « Quel est le signal envoyé ? Le viol est accepté, tant que vous présentez des excuses après coup ? », interrogeait la secrétaire d’Etat à l’égalité des chances Elke Sleurs. Et le commentaire le plus commenté est finalement venu du ministre de la Justice. Pour Koen Geens, le Parlement devrait envisager une modification de la loi pour interdire la suspension du prononcé en cas de viol. Mais cette proposition a été tout aussi mal reçue dans le monde politique et judiciaire. (...)

le ministre de la Justice rappelle à notre démocratie qu’au 21ème siècle il est inacceptable et scandaleux que l’impunité de violeurs continue à être tolérée. Que dans la peur, la honte et l’indifférence encore trop souvent les victimes n’osent pas porter plainte – seule une sur dix le fera. Selon le parquet plus de 4 000 faits de viols sont répertoriés par an, soit donc un dixième des faits avérés. Parmi ces plaintes déposées seules 4% aboutissent à une condamnation ! Trop souvent les plaintes sont classées sans suite et chaque année donc des milliers de violeurs restent impunis. C’est intolérable. »