Salaires de misère, heures supplémentaires excessives, exposition à de multiples produits toxiques… Les conditions de travail dans les usines chinoises fabriquant des jouets pour le groupe Mattel – Barbie ou Fisher Price – sont jugées indignes par des organisations chinoises et européennes, qui ont enquêté sur place. Ce qui n’empêche pas le leader mondial du secteur de prétendre que ses produits sont conçus dans des conditions socialement responsables. (...)
(...) la « compétitivité » de l’industrie du jouet à un prix. Un prix cher payé par le consommateur occidental, vu les tarifs affichés, mais aussi par les ouvrières qui ont fabriqué et assemblé les composants de ces charmants bibelots en plastique. En tout cas pour les ouvrières chinoises qui travaillent pour Mattel, leader mondial de la conception, fabrication et vente de jouets. Le groupe états-unien commercialise notamment les marques Barbie et Fisher price, et possède les licences pour les figurines de Superman et des Simpson. En 2011, l’entreprise a réalisé 4,8 milliards d’euros de revenus et 590 millions d’euros de bénéfices. Une large part des produits de Mattel sont fabriqués en Chine, où le groupe possède quatre de ses neuf usines, et où sont basés la majorité de ses autres fournisseurs. (...)
évitez de tomber malade. « Une absence de trois jours d’affilé, ou plusieurs absences pendant l’année, sont considérés comme une violation grave des règles de l’entreprise », donc synonyme de licenciement sans indemnités. Et les congés maladies ne sont pas payés. Car à Mattel, « nous nous engageons à créer des jouets innovants, de haute qualité et sûrs, de façon responsable et éthique » [4] (...)
En période de pic de production (notamment les mois qui précèdent Noël), les ouvriers n’ont que deux jours de repos par mois et font jusqu’à 200 heures supplémentaires, soit six fois plus que la limite légale (36 heures). Incapables de survivre dans les grandes villes attenantes aux usines avec leur salaire (entre 250 et 375 € par mois), les ouvriers sont obligés de s’entasser dans des dortoirs, occupés jour et nuit. Dans l’une des usines inspectées, il y a bien un comité de représentation des travailleurs. Mais les questions qu’on y soulève ne sont jamais traitées. Et dans l’un des règlements consultés, il est clairement indiqué que « ceux qui appellent » à la grève seront licenciés. (...)
Parmi les exigences réclamées dansl’appel urgent lancé par Peuples solidaires, la CGT et CLW : l’établissement de comités de travailleurs au sein des usines et de hotlines indépendantes pour les travailleurs. Ils demandent par ailleurs à Mattel de prendre de vraies mesures pour faire respecter les droits humains au travail sur le long terme. Pour cela, Mattel devra changer en profondeur ses pratiques d’approvisionnement, augmenter le prix versé à ses fournisseurs et allonger les délais de livraison imposés. Il faudrait aussi sans doute qu’elle renonce à une partie de ses bénéfices. De ce côté là, tout va bien : « Mattel a dévoilé un bénéfice net en hausse de plus de 20% à 366 millions de dollars sur le trimestre écoulé, soit 1,04 dollar par action. »
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