Une importante vague d’arrestations a frappé, le 17 décembre, des cercles proches du gouvernement de l’AKP, au pouvoir en Turquie depuis 2002. Parmi les personnes arrêtées figurent, en effet : les fils des ministres de l’Intérieur, de l’Economie et de l’Environnement ; des hommes d’affaires et des magnats de l’immobilier ; des responsables politiques et des hauts fonctionnaires.
Ce scandale est, semble-t-il, le résultat de 3 enquêtes spécifiques, lancées en 2012 avant d’aboutir ces derniers jours à des arrestations et de prendre le gouvernement par surprise.
La première concerne l’homme d’affaires d’origine azerbaïdjanaise, Reza Zarrab, et la banque publique contrôlée par le gouvernement, Halkbank. En infraction avec l’embargo frappant l’Iran, Zarrab aurait procédé à des transferts financiers considérables (82 milliards de dollars) en utilisant le canal d’Halkbank. Pour couvrir ces flux frauduleux d’argent avec la République islamique et obtenir par ailleurs la nationalitéCorruption2 turque par décret gouvernemental, selon une procédure accélérée, il aurait versé des pots de vin à des responsables évoluant dans l’entourage de certains ministres (...)
La deuxième enquête en cours concerne la régularité d’opérations immobilières conduites par des promoteurs en Corruption3vue comme Ali Ağaoğlu (photo à gauche), et impliquant généralement le TOKİ (Toplu Konut İdaresi Başkanlığı), cette agence gouvernementale de construction de logements qui est devenue le bras armé de l’AKP pour la réalisation de grands projets urbains. (...)
Enfin, la dernière enquête concerne la délivrance de permis de construire dans des zones juridiquement protégés, à proximité de la nouvelle ligne du métro « Marmaray » qui vient d’être ouverte et relie les partiesCorruption4 européenne et asiatique d’Istanbul, en passant sous le Bosphore. (...)
Ce scandale arrive au mauvais moment pour un gouvernement qui a deux rendez-vous électoraux importants l’année prochaine : les élections locales, en mars, et les premières élections présidentielles au suffrage universel direct, en août. (...)
Au premier jour de la révélation des enquêtes conduites, il y avait déjà 52 personnes arrêtées. Alors que la livre turque et la bourse d’Istanbul ont accusé une baisse importante, nul ne sait encore quels seront les effets de ce scandale sur l’opinion publique turque et s’il remettra en cause l’avance électorale confortable que le parti au pouvoir semblait encore avoir sur ses principaux rivaux, au vu des derniers sondages.