La militante écoféministe, investie à Paris par Europe Écologie-Les Verts, ne figure plus dans la proposition provisoire d’accord en discussion avec l’Union populaire. Les deux partis se renvoient mutuellement la responsabilité.
La 9e circonscription de Paris (la « 7509 », dans le jargon), dans laquelle la militante écoféministe a été investie par Europe Écologie-Les Verts (EELV) pour les élections législatives des 12 et 19 juin, ne figure plus dans la proposition d’accord, en vue d’une alliance entre le parti écologiste et l’Union populaire.
Cette proposition d’accord, toujours fluctuante, fait l’objet d’intenses négociations depuis le 22 avril entre des responsables des deux formations – tant sur le fond du programme que sur la répartition des circonscriptions.
Mais en l’état, les faits sont là : le siège que Sandrine Rousseau briguait à l’Assemblée nationale pourrait bien lui passer sous le nez. (...)
Le coup est dur à encaisser pour l’économiste, finaliste de la primaire des écologistes (elle s’était inclinée avec 49 % des voix), qui a fait campagne pour Yannick Jadot malgré son exclusion du conseil d’orientation politique début mars, pour des propos très critiques à l’égard du candidat. D’autant plus que son interlocutrice lui assure que « l’oubli » (qui n’en est pas un) est dû à son propre camp.
Contacté à ce sujet, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, nie la responsabilité des Verts dans cette disparition. (...)
Une proposition qui émanait, selon lui, de l’équipe de négociateurs de La France insoumise (LFI) – parmi lesquels l’eurodéputé Manuel Bompard et l’orateur national de LFI Paul Vannier. « Hier encore, le 24 avril, elle figurait dans notre dernière demande », assure Julien Bayou.
À La France insoumise (LFI), on défend une autre version. Le mouvement mélenchoniste, qui s’appuie sur les 22 % obtenus par Jean-Luc Mélenchon le 10 avril, lors du premier tour de l’élection présidentielle, aurait proposé deux circonscriptions à Paris aux écologistes : la 9e (celle de Sandrine Rousseau) et la 8e. C’est dans une version renvoyée par les écologistes qu’ils auraient choisi de privilégier la 5e circonscription, dans laquelle Julien Bayou, le secrétaire national du parti, est investi, à la place de la 9e. (...)
« EELV en veut à Sandrine Rousseau, ils essayent de régler leurs comptes, ils veulent la sacrifier au nom de l’union », estime une source du côté de l’Union populaire, qui confirme l’information. Malgré le démenti de Julien Bayou, Sandrine Rousseau juge cette explication plausible.
D’autant plus que les tenants d’une union de la gauche et des écologistes ont fait l’objet de sanctions régulières durant la campagne de Yannick Jadot – de la mise « en retrait » du porte-parole d’EELV Alain Coulombel à la suspension de Bénédicte Monville, élue écologiste à Melun, qui avait fini par dire qu’elle voterait Jean-Luc Mélenchon.
Certains partisans de cette même ligne, comme l’ex-secrétaire fédérale des Jeunes écologistes, Claire Lejeune, ont rejoint l’Union populaire avant le premier tour de la présidentielle. « C’est la queue de comète de la campagne présidentielle, affirme Sandrine Rousseau. Leur stratégie, depuis le départ, c’est de me pousser vers LFI. Je refuse, c’est trop facile. » (...)
Depuis, Sandrine Rousseau ne cache pas avoir des vues sur le prochain congrès d’EELV, qu’elle briguerait avec un surcroît d’assurance si elle était élue députée. Mais cette possibilité pourrait donc lui échapper. D’autant plus qu’elle n’a pas d’alliés dans l’équipe qui négocie avec l’Union populaire. (...)
Endetté de cinq millions d’euros à la suite du non-remboursement de ses frais de campagne, l’appareil EELV est sous tension, d’où les frictions sur l’orientation politique de la direction.
« EELV a mis dans l’équipe de négociation des gens historiquement opposés à LFI, c’est quand même étrange », remarque Sandrine Rousseau (...)
L’union de la gauche et des écologistes se fera-t-elle sans l’une de celles qui a le plus plaidé en sa faveur chez EELV ? Depuis le 24 avril, la militante écoféministe fait la promotion d’une « coalition » unitaire portée par Jean-Luc Mélenchon autour d’un « programme de gouvernement ». Une perspective capable selon elle de susciter de l’envie dans le peuple de gauche : « Ce que je veux, c’est quelque chose qui fasse se lever les gens. Les législatives doivent être une fête populaire. » (...)
Elle refuse, en tout cas, d’être recasée dans une autre circonscription : « Je n’accepte rien d’autre que la 9. Je ne suis pas un pion qu’on balade. »
Du côté des Insoumis, ses amis se disent bien embarrassés. « La difficulté, c’est que, même si on veut que Sandrine soit dans l’accord, ce n’est pas à nous d’en décider, confie une source insoumise. (...)
les négociations doivent aboutir au plus tard le 30 avril.