Chaque année, plus de cinq millions d’ânes sont abattus pour fabriquer de l’eijao, un médicament issu de la médecine traditionnelle chinoise. D’après un rapport datant de 2019 de l’organisation caritative internationale The Donkey Sanctuary, la moitié de la population mondiale d’ânes pourrait disparaître dans les prochaines années en raison de la demande grandissante de ce médicament traditionnel chinois.
Un produit traditionnel chinois
L’eijao est utilisé en Chine depuis des milliers d’années. Il s’agit d’une substance gélatineuse fabriquée à partir de peau d’âne, qui est ajoutée dans des aliments, des boissons ou encore des produits de beauté. D’après la médecine traditionnelle chinoise, cette substance est censée guérir des maux tels que l’anémie et la mauvaise circulation sanguine. Cependant, nous n’avons quasiment aucune preuve scientifique de son efficacité.
Ces dernières années, la demande d’eijao n’a pas cessé de croître. En Chine, la population d’ânes aurait diminué de moitié en l’espace de vingt ans. (...)
Aujourd’hui, la Chine n’est plus capable de fournir assez d’ânes pour répondre à la demande d’eijao. Elle se fournit donc dans les régions sous-développées d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie centrale. Les animaux seraient même volés dans certaines régions. Ils sont ensuite transportés dans des conditions cruelles, sans eau ni nourriture. Environ 20 % des animaux ne survivent pas à ces voyages. Et ceux qui arrivent à destination sont maltraités et abattus. (...)
500 millions de personnes, dont la plupart sont localisées dans les régions les plus pauvres du monde, dépendent de l’élevage d’ânes. Certains pays ont donc interdit la vente de peau d’âne. Cependant, les lois instaurées par ces derniers sont facilement contournables. Au lieu de vendre les peaux, les commerçants expédient directement les animaux à l’étranger où ils sont abattus.